Full text : Oeuvres complètes

206  PRINCIPES  DE  l/ÉCONOMIE  POLITIQUE.
en  Angleterre,  monteraient  du  double  de  leur  ancien  prix  ,  et  le
change  se  trouverait  à  50  pour  cent  au  désavantage  de  l’Angleterre  ;
mais  cela  ne  dérangerait  en  rien  le  commerce  étranger,  et  ne  découragerait ­
  non  plus  la  fabrication  d’aucune  marchandise  dans  l’intérieur. ­
  Si  le  drap,  par  exemple,  haussait  en  Angleterre  de  20  1.  à  40  1.
par  pièce,  on  pourrait  l’exporter  tout  aussi  faeilement  qu’auparavant
  ;  car  le  change  offrirait  à  l’acheteur  étranger  une  compensation
de  50  pour  cent  ;  en  sorte  qu’avec  20  1.  de  son  argent,  il  pourrait
acheter  une  traite  movennant  laquelle  il  serait  en  état  d’acquitter,
en  Angleterre,  une  dette  de  40  1.  De  la  même  manière,  si  le  marchand ­
  étranger  exporte  une  marchandise  qui  coûte  chez  lui  20  1.,
et  qui  se  vend  en  Angleterre  40  1.,  il  ne  recevra  cependant  que  201.;
car,  pour  40  1.  en  Angleterre,  il  ne  pourra  acheter  qu’une  traite  de
20  I.  sur  l’étranger.
Les  mêmes  effets  auraient  lieu  ,  quelle  que  fût  la  cause  qui  porterait ­
  l’agent  de  la  circulation  en  Angleterre  à  20  millions,  lorsque
10  eussent  sufli  à  tous  les  besoins.  Si  une  loi  aussi  absurde  que  le
serait  celle  qui  prohiberait  l'exportation  du  numéraire,  pouvait  s’exé
cuter,  et  que,  par  suite  de  cette  prohibition,  il  se  trouvât  11  millions
au  lieu  de  10  en  circulation  ,  le  change  serait  de  9  pour  cent  con^e
l’Angleterre;  il  serait  de  16,  si  la  circulation  était  portée  à  12  millions,
et  de  50  pour  cent  contre  l’Angleterre,  si,  par  des  moyens  également
arbitraires,  l’agent  de  la  circulation  était  porté  a  20  millions.  Cela
ne  découragerait  cependant  nullement  l’industrie  anglaise.  Si  les
marchandises  du  cru  se  vendaient  cher  en  Angleterre,  celles  de
l’étranger  seraient  également  à  un  haut  prix.  11  importerait  peu  au
négociant  étranger  que  ces  prix  fussent  hauts  ou  bas  ;  car,  d’un  côté,
11  serait  obligé  de  donner  une  compensation  sur  le  change  lorsqu  il
vendrait  cher  ses  marchandises,  et  il  recevrait  une  pareille  compensation ­
  quand  il  serait  obligé  d’acheter  des  marchandises  anglaises  à
haut  prix.
Le  seul  désavantage  qui  pourrait  résulter  pour  le  pays  où  l’on  retiendrait ­
  ,  par  des  lois  prohibitives,  une  quantité  d’or  et  d’argent
en  circulation  plus  forte  que  celle  qui  y  circulerait  autrement,  serait
la  perte  qu’il  ferait  en  employant  une  partie  de  sou  capital  d’une
manière  improductive,  au  lieu  de  l’employer  productivenient.  Comme
monnaie,  ce  capital  ne  saurait  rapporter  aucun  profit;  mais  converti
par  échange  en  matériaux,  en  machines  et  en  subsistances,  il  donnerait ­
  un  revenu,  et  ajouterait  à  la  richesse  et  aux  ressources  du
pays.
            
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