Full text : Oeuvres complètes

.2^0  l‘llU\Cll*KS  DE  L’ÉCONOMIE  EOLlliOCE.
suivante,  en  parlant  de  l’impôt,  il  dit  :  «  Lorsqu’il  est  poussé  trop
loin  il  produit  ce  déplorable  effet  de  priver  le  contribuable  de  sa
»  richesse  sans  en  enrichir  le  gouvernement  ;  c’est  ce  qu’on  pourra
»  comprendre,  si  l’on  considère  (lue  le  revenu  de  chaque  contribua-»
  blc  offre  toujours  la  mesure  et  la  borne  de  sa  consommation,
„  productive  ou  non.  On  ne  peut  donc  lui  prendre  une  part  de  son
«  revenu  sans  le  forcer  à  réduire  proportionnellement  ses  consomma-»
  tions.  ])e  là,  diminution  de  demande  des  objets  qu’il  ne  consomme
>.  plus,  et  nommément  de  ceux  sur  lesquels  est  assis  l’impôt  ;  de  cette
«  diminution  de  demande  résulte  une  diminution  de  production,  et
»  par  conséquent  moins  de  matière  imposable.  H  y  a  donc  perte
»  pour  le  contribuable  d’une  partie  de  ses  jouissances,  et  perte  pour
»  le  fisc  d’une  partie  de  ses  reeettes.  »
M.  Say  en  donne  pour  exemple  l’impôt  établi  sur  le  seien  trance
avant  la  révolution,  et  qui  diminua  la  production  du  sel  de  moitié.
Cependant  si  l’on  consommait  moins  de  sel,  il  y  avait  aussi  moins
de  capital  employé  à  sa  production  '  ;  et  par  conséquent,  quoique  le

1  Lorsque,  par  défaut  de  eonsouiiuation,  on  ne  fait  plus  usage  d’un  marais
liant  les  frais  qui  ont  été  faits  pour  l’établir  sont  un  capital  perdu,  un  capital
ji  ne  peut  se  vouer  à  aucune  autre  production.  Dans  les  cas  même,  ce  qui  est
rt  rare  où  l’on  peut  retirer,  sans  en  perdre  la  majeure  partie,  ses  capitaux
une  industrie  dont  les  frais  excèdent  les  produits,  on  ne  replace  pas  nécessai-,ment
  dans  l’industrie  les  portions  qu’on  en  sauve.  Souvent  on  es  prite  au
luvernemeutton  en  achète  des  charges  ;  on  les  place  dans  1  eh  anger.  1.
alants  auxquels  on  a  été  forcé  de  renoncer  ?  Kt  en  supposant  qu  ,1s  a  e,,t  pu  se
riels;  quant  aux  chels  de  celle  industrie,  en  supposant  meme  qu  ils  n  aient  p,
énoncé  entièrement  à  une  production  devenue  trop  ingrate,  ils  auront  du  moins
éduit  leur  exploitation  •,  leurs  bénéfices  n  auront  plus  été  les  m  mes.  -e  lu
lont  donc  pas  seulement  dos  capitaux  et  une  industrie  qui  changent  e  p  ate,
nais  des  capitaux  et  une  industrie  diminués  et  produisant  moins,  .  ai  ont
ni  dire  que  lorsque  l’impôt  est  poussé  trop  loin,  il  y  a  des  pertes  de  jouissan
■es  et  de  revenus  dont  le  gouvernement  ne  tait  pas  son  prolit.
L’impôt  prive  aussi  quelquefois  complètement  les  consommateurs  de  certains
produits  que  rien  ne  remplace.  Sans  les  impôts  on  pourrait  se  procurer  en  An-Tleterre
  les  vins  communs  du  midi  de  la  France  pour  tpielques  sous  par  luni*
Lop  1  e  peuple  d’Angleterre  est  totalement  privé  de  cette  boisson  salubre-I
  omiiue  par  suite  d’une  prohibí,im,  ridicule,  le  sucre  volait  eu  France  5  aj
ranci  la  livre,  toutes  les  femmes  en  couches,  tous  les  malades  de  la  classe  indi-
            
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