Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XVI.  —  DES  IMPOTS  SUR  LES  SALAIRES.  213
emploi.  La  facilité  d’accumuler  ne  s’est  augmentée  dans  le  pays  que
de  la  dilFérencc  entre  les  proiits  obtenus  dans  le  dernier  de  ces  emplois ­
  et  ceux  qu’on  obtenait  dans  le  précédent  L
Que  les  impôts  soient  assis  sur  le  revenu  ou  sur  le  capital,  ils
diminuent  la  matière  imposable  d’nn  Etat.  Si  je  cesse  de  dépenser
100  1.  en  \in,  parce  qu  en  payant  un  impôt  de  cette  valeur,  j’ai  mis
le  gouvernement  à  portée  de  dépenser  ces  100  1.  au  lieu  de  les  dépenser ­
  moi-méme,  il  y  a  nécessairement  une  valeur  de  100  1.  de
marchandise  retirée  de  la  liste  des  choses  imposables.  Si  le  revenu
des  habitants  d'un  pays  est  de  10  millions,  ils  posséderont  au  moins
pour  10  millions  de  valeurs  imposables.  Si,  en  frappant  d’un  impôt
une  partie  de  ces  valeurs,  on  en  met  un  million  à  la  disposition  du
gouvernement,  le  revenu  des  habitants  restera  toujours  nominalement ­
  de  10  millions,  mais  il  ne  leur  restera  que  9  millions  de  valeurs
imposables.  11  n’y  a  pas  de  cas  où  l’impôt  ne  diminue  les  jouissances
<le  tous  ceux  sur  (jui  il  tombe  en  définitive,  et  il  n’y  a  d’autre  moyen
d’augmenter  de  nouveau  res  jouissances,  que  l’accumulation  d’un
nouveau  revenu.
L  impôt  ne  peut  jamais  être  si  équitablement  réparti  qu’il  inline
dans  la  même  proportion  sur  la  valeur  de  toutes  les  choses,  en  les
maintenant  toutes  dans  la  même  valeur  relative.  Il  agit  souvent,
par  ses  elfets  indirects,  d’une  manière  qui  s’écarte  beaucoup  des
vues  du  législateur.  .Nous  avons  déjà  vu  que  l’effet  d’un  impôt
direct  sur  le  blé  et  les  produits  agricoles  est,  dans  le  cas  où  le
numéraire  serait  un  produit  du  pays,  de  faire  monter  le  prix  de
toutes  les  marchandises  à  proportion  que  les  produits  agricoles
en  font  partie,  et  par  là  de  détruire  le  rapport  naturel  qui  existait ­
  auparavant  entre  elles.  Un  autre  de  ses  effets  indirects,  c’est

iRoureusement  parlant,  M.  Ricardo,  a,  dans  ce  cas-ci,  raison  contre  moi.
.ertes,  si  tous  les  capitaux  étaient  aussi  bien  employés  qu’ils  peuvent  l’être  on
ne  pourrait  donner  de  l’accroissement  à  une  industrie  sans  retirer  à  une  autre
nne  partie  de  ses  instruments  ;  mais  dans  la  pratique  rien  ne  se  fait  avec
e  rigueur.  Une  industrie  qui  s’élève,  et  surtout  lorsqu’elle  se  compose  de
foui  comme  le  commerce  de  la  marée,  s'élève  au  moyen  d'une
cinn^  petites  sommes  mises  en  réserve,  et  qui  n'avaient  souvent  aucun  utile
^ovor  1  1  craint  pas  de  les  hasarder  lorqu’ime  occasion
P'taux  1  présente  Plusieurs  industries  comme  celle-ci  exigent  peu  de  caqu’elle
  ^  pouvant  se  conserver  plus  de  trois  ou  quatre  jours,  il  faut
avanc  revendue  presque  aussitôt  qu'achetée  ;  elle  n'admet  pas  de  longues
            
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