Full text : Oeuvres complètes

2t  s  PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
l’iisafîe  de  l’ouvrier,  aurait  le  même  effet  qu’un  impôt  sur  le  blé,  qui
lie  diffère  des  autres  choses  nécessaires,  que  parce  qu’il  est,  entre  toutes, ­
  la  première  et  la  ])lus  importante  ;  et  cet  impôt  produirait  précisément ­
  les  mêmes  effets  sur  les  profits  des  capitaux  et  sur  le  commerce
étranger.  Mais  un  impôt  sur  les  objets  de  luxe  n’aurait  d’autre  effet
que  de  les  faire  renchérir.  11  retomberait  en  entier  sur  le  eonsommateur,
  et  il  ne  saurait  ni  faire  hausser  les  salaires,  ni  faire  baisser  les
profits.
Les  im¡)óts  qu’on  lève  sur  un  pays  pour  les  frais  de  la  guerre  ou
pour  les  dépenses  ordinaires  du  gouvernement,  et  dont  le  produit  est
principalement  destiné  à  rentretien  d’ouvriers  improductifs,  sont
pris  sur  l’industrie  productive  du  pays  ;  et  tout  ce  qu  on  peut  épargner ­
  sur  de  telles  dépenses,  est  en  général  autant  d  ajouté  au  revenu
ou  même  au  capital  des  contribuables.  Quand  on  lève,  par  la  voie
d’un  emprunt,  ‘20  millions  pour  les  dépenses  d’une  année  de  guerre,
ce  sont  20  millions  que  l’on  enlève  au  capital  productif  de  la  nation.
Le  million  annuel  qu’on  lève  par  des  impôts  pour  payer  les  intérêts
de  cet  emprunt,  ne  fait  que  passer  des  mains  de  ceux  qui  le  paient
dans  celles  de  ceux  (pii  le  reçoivent,  des  mains  du  contribuable  dans
celles  du  créancier  de  l’Ltat.  La  dépense  réelle,  ce  sont  les  20  millions, ­
  et  non  l’intérêt  qu’il  faut  en  payer  '.

talents  et  les  travaux  industriels  eux-mêmes  ne  changent  pas  d’objet  sans  de  graves ­
  inconvénients.  On  aime  mieux  continuer  à  travailler  dans  un  genre  qui  rapporte ­
  moins,  parce  qu’il  y  aurait  plus  de  perte  encore  à  changer  ;  et  cet  eftet  se
perpétue  quelquefois  un  demi-siècle  durant,  c’est  à-dire  tout  le  temps  que  dure
bien  souvent  la  forme  d’administration  et  le  système  des  contributions.
Il  est  impossible  de  négliger  des  circonstances  qui  influent  si  puissamment  sur
les  résultats  ;  on  risque  beaucoup  de  se  tromper  quand  on  n’a  les  yeux  fixés  que
sur  quelques  grands  principes,  et  qu’on  ne  veut  compter  pour  rien  les  modifications ­
  qu’ils  rei^oivent  des  considérations  accessoires.  Les  circonstances  agissent
en  vertu  de  principes  tout  aussi  incontestables,  et  (jui,  de  même  que  les  principes
les  plus  généraux,  dépendent  de  la  nature  des  choses.  —  J.-R.  Sav.
'  ÎMelon  dit  que  les  dettes  d’un  État  sont  des  dettes  de  la  main  droite  à  la  main
gauche  dont  le  corps  ne  se  trouve  pas  affaibli.  A  la  vérité,  la  richesse  générale
n’est  point  diminuée  par  le  paiement  des  intérêts  ou  arrérages  de  la  dette  ;  les
intérêts  sont  une  valeur  qui  passe  de  la  main  du  contribuable  dans  celle  du  rentier ­
  de  l’État  :  que  ce  soit  le  rentier  ou  le  contribuable  qui  l’accumule  ou  la
consomme,  peu  importe  à  la  société,  j’en  conviens;  mais  le  principal  de  cette
rente  où  est-il?  il  n’est  plus.  La  consommation  qui  a  suivi  l’emprunt  a  emporté
un  capital  qui  ne  rapportera  plus  de  revenu.  La  société  est  privée,  non  du  montant ­
  des  rentes,  puisqu’il  passe  d’une  main  dans  l’autre,  mais  du  revenu  d’un
            
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