Full text: Oeuvres complètes

CH. XVII. — DES IMPOTS SUR EES PRODUITS NON AGRICOLES. ±¿i 
On aurait tort de conclure de tout ce que je viens de dire que 
je regarde le système des emprunts comme le meilleur moyen de 
fournir aux dépenses extraordinaires de l'Etat. C’est un système qui 
tend à nous rendre moins industrieux, à nous aveugler sur.notre 
situation. Si les frais d’une guerre montent à 40 millions par an, et 
que la part d’un particulier, pour subvenir à cette dépense annuelle, 
soit de 100 1., il tâchera, si l’on exige de lui le paiement total et 
immédiat de cette somme, d’épargner promptement 100 1. sur son 
revenu. Par le système des emprunts, on n’exige de lui que l’intérêt 
de ces 100 1., ou 5 1. jjar an; il croit qu’il lui sullit d’épargner ces 
5 1. sur sa dépense, et il se fait illusion, se croyant aussi riche en 
fonds que par le passé. La nation et son gouvernement, en raison 
nant et en agissant de la sorte, n’épargnent que les intérêts de 40 
niillions, ou de 2 millions ; et ils perdent non-seulement tous les 
intérêts ou le prolit que 40 millions de capital employés produe- 
tivemeiit auraient rendus, mais ils perdent encore 38 millions, 
diflérence entre leur épargne et leur dépense ordinaire. 
Si, comme je l’ai observé plus haut, chacun avait à faire un em 
prunt particulier, afin de contribuer pour toute sa part aux besoins 
de l’Etat, dès que la guerre serait terminée, l’impôt cesserait, et 
toutes les denrées, reviendraient à l’instant à leur taux naturel. 
A pourrait a>oir à payer, sur son fonds ])artieulier, à B, l’intérêt 
de l’argent que ce dernier lui aurait prêté pendant la guerre, pour 
lui donm r les moyens de payer sa quote-part des dépenses publi 
ques; mais la nation ne s’en mêlerait pas. 
lu pays qui a laissé une grande dette s’accumuler, se trouve 
])Iacé dans une situation artificielle ; et quoique le montant de ses 
impôts et l’augmentation du prix du travail jmissent n’avoir et 
n’aient probablement d’autre inconvénient, par rapport aux pays 
étrangers, que l’inconvénient inévitable de payer ces impôts, il est 
cependant de l’intérêt de tout contribuable de se soustraire à cette 
charge, en en rejetant le paiement sur les autres. Le désir de trans 
porter sa personne et son capital dans un autre pays où on soit exempt 
de pareilles charges, devient à la longue irrésistible, et finit par 
vaincre la répugnance naturelle que tout le monde éprouve à re 
noncer à son pays natal et aux objets de ses premières affections. I n 
pays qui s’est plongé dans les embarras qu’entraîne ce système ar 
tificiel, ferait bien de s’en débarrasser par le sacrifice même d’une 
portion de son capital, suffisante pour racheter sa dette. La conduite 
<iui conviendrait à un particulier convient également à une nation.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.