Full text: Oeuvres complètes

CHAP. XIX. — DES CHANGEMENTS DANS LES VOIES DU COMM. 2i3 
suspension de l’importation. Si de pareils efforts, faits dans un mo 
ment critique, entraînaient le risque de se trouver ruiné au moment 
où les besoins cesseraient, personne ne voudrait exposer son capital 
dans un pareil emploi. Outre les profits ordinaires des capitaux, le 
fermier s’attendrait à être indemnisé du risque auquel il serait ex 
posé par une affluence subite de blé, et ])ar conséquent le prix pour 
le consommateur, dans la saison où celui-ci aurait le plus besoin 
d’approvisionnement, éprouverait uue hausse due non-seulement 
au renchérissement de la culture du blé dans le pays, mais encore 
à la i)rime d’assurance qu’il serait obligé de payer, pour le risque 
particulier auquel cet emploi expose le capital. Et quoiqu’il résultât 
un plus grand avantage pour le pays de l’importation du blé à bon 
marché, il serait peuf-ètre convenable de mettre, pendant quelques 
années, un droit sur l’importation de cette denrée. 
En traitant de la rente nous avons vu ([u’à chaíjue augmentation de 
rapprovisionnement du blé, et à chaque diminution de son prix, ipii 
en est la suite, on dégagera les capitaux employés sur les mauvaises 
terres; et les terrains d’une qualité supérieure qui, dans ce cas, ne 
paieraient pas de rente, deviendraient la mesure commune par la 
quelle se réglerait le prix naturel du blé. Quand il serait à 4 1. le 
quarter, des terres inférieures, que l’on peut désigner par le n® ü, 
pourraient être cultivées; on s’arrêterait au n" 5, à .‘i 1. au n® 4 et 
ainsi de suite. Si le blé, ])ar l’effet d’une abondance permanente, 
tombait à I. 10 scb., le capital employé dans le n" G cesserait sou 
emploi; car ce n’est que quand le blé vaut 4 1., que ce capital peut 
ra¡)porter les profits ordinaires, même étant exempt de rente. Il 
serait donc déplacé pour être employé à fabriijuer les produits avec 
lesquels on achèterait et l’on importerait tout le blé que l’on récol 
tait sur le n" G. Dans ce nouvel emploi, il deviendrait nécessairement 
plus lucratif pour le capitaliste; car, s’il pouvait obtenir plus de 
blé par la culture de la terre dont il ne paie pas de rente, (pie parla 
fabrication d’un produit quelconque avec lequel il peut acheter du 
blé, son prix ne pourrait pas être au-dessous de 4 1. 
On a pourtant prétendu que l’on ne pouvait pas retirer le capital 
engagé dans la terre, parce qu’il se convertit en déjiensi's qu’on ne 
peut plus recouvrer, telles que celles des engrais, des cbHnrcs, des 
dessèchements, etc., (jui s’incorporent à la terre, et en deviennent 
inséparables. Cela est vrai jus(}u’à uncertain point; mais le capital 
qui se compose de bétail, de moutons, de meules de foin ou de blé, 
de charrettes, etc., peut être retiré; et il reste à calculer, si c(îs ob-
	        
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