Full text: Oeuvres complètes

264 
PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE. 
CHAPITRE XXI. 
DES EFFETS DE l’ACCUMULATION SUR LES PROFITS El SUR l’INTÉRÈT 
DES CAPITAUX. 
D’après la manière dont nous avons considéré les profits des capi 
taux, il semblerait qu’aucune accumulation de capital ne peut faire 
baisser les profits d’une manière permanente, à moins qu’il n’y ait 
quelque (;ause, également permanente, qui détermine la hausse des 
salaires. Si les fonds pour le paiement du travail étaient doublés, 
triplés ou quadruplés, il ne serait pas dillicile de se procurer bientôt 
la quantité de bras nécessaires pour remploi de ces fonds ; mais en 
raison de la dilïiculté croissante d’augmenter constamment la quan 
tité de subsistances, la même valeur en capital ne pourrait probable 
ment pas faire subsister la même quantité d’ouvriers. S’il était 
possible d’augmenter continuellement, et avec la même facilité, les 
objets nécessaires à l’ouvrier, il ne pourrait y avoir de cbangement 
dans le taux des profits et des salaires, quel que fut le montant du 
capital accumulé. Cependant Adam Smith attribue toujours la baisse 
des profits à l’accumulation des capitaux et à la conenrrence qui en 
est la suite, sans jamais faire attention à la dilïicnlté croissante 
d’obtenir des subsistances pour le nombre croissant d’ouvriers que le 
capital additionnel emploie. « L’accroissement des capitaux, dit-il, 
« qui fait hausser les salaires, tend à abaisser les profits \ Quand les 
‘ Il m’est impossible, à voir la persistance avec laquelle Ricardo cherche à éta 
blir l’antagonisme prétendu des salaires et des profits, et son impassibilité devant 
les démentis que l’expérience donne à son système, il m’est impossible, dis-je, de 
ne pas croire à une confusion dans les idées qu’il remue II a beau appeler Ad. 
Smith à son secours pour le sauver de la réalité qui le combat, il a beau se enu- 
vrir de mystères dans certains passages, distinguer entre les hausses momentanées 
et les hausses prolongées, entasser les observations, prétendre que chaque ohole 
ajoutée aux salaires est une perte pour le manufacturier, nous faire chercher 
enfin dans les fanges du paupérisme les perles et le luxe du riche, il ne pourra
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.