270 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE.
seront élevés, les particuliers auront un motif pour accumuler. Tant
qu’un individu éprouvera le désir de satisfaire une certaine jouis
sance, il aura besoin de plus de marchandises, et la demande sera
effective dès qu’il aura une nouvelle valeur quelconque à offrir en
échange pour ces marchandises. Si on donnait 10,000 1. st. à un
homme qui en possède déjà 100,000 1. de rente, il ne les serrerait
pas dans son coffre ; il augmenterait sa dépense de 10,0001. ; il les
emploierait d’une manière productive, ou il prêterait cette somme
à quelque autre personne pour cette même fin. Dans tous les cas, la
demande s’accroîtrait, mais elle ]iorterait sur des objets divers. S’il
augmente sa dépense, il est probable qu’il emploiera son argent à
des constructions, à des meubles, ou à tout autre objet d’agrément.
S’il emploie ses 10,000 1. d’une manière productive^ il consommera
plus de subsistances, d’objets d’habillement et de matières premières,
qui serviraient à mettre à l’œuvre de nouveaux ouvriers. Ce serait
toujours une demande \
moins abondants par rapport à l’étendue des emplois, ayant prouvé ailleurs que
les emplois se multiplient en proportion de l’abondance des capitaux. Les seuls
cas où l’observation que j’ai faite après Smith pourrait être réelle, seraient ceux
où la production est rendue si désavantageuse, soit en raison des impôts, ou par
toute autre cause, qu’aucun produit ne vaut les sacrifices qu’il faudrait faire pour
l’obtenir. Il y a bien certainement des produits qui ne se font pas, par la raison
que leur prix-courant est inférieur aux frais de leur production. Ne peut-on pas
supposer ce cas pour un si grand nombre de produits, que le nombre des
emplois de capitaux et de facultés industrielles eu soient considérablement ré
duits?
' Adam Smith dit que, « quand le produit d’une branche particulière d’iudus-
» trie excède ce qu’exige la demande du pays, il faut bien qu’on envoie le surplus '
Ȉ lՎtranger pour, lՎchanger contre quelque chose qui soit en demande dans
» l’intérieur. Sans cette exportation une partie du travail productif du pays
» viendrait à cesser^et la valeur de son produit annuel diminuerait necessaire-
» ment. La terre et le travail de la Grande-Bretagne produisent en général plus
1) de blé, de lainages et de quincailleries que n’en exige la demande du marché
» intérieur. Il faut donc exporter le surplus et l’échanger contre quelque chose
» dont il y ait demande dans le pays. Ce n’est que par le moyen de l’exportation
» que ce surplus pourra acquérir une valeur suffisante pour compenser le travail
» et la dépense qu’il en coûte pour le produire. » On serait tenté de croire, d’après
ce passage, qu’Adam Smith en concluait que nous sommes dans la nécessité de
produire un excédant de blé, d’étoffes de laine et de quincailleries, et que le
capital employé à leur production ne saurait l’être d’une autre manière. On a ce
pendant toujours le choix de l’emploi à donner à son capital, et par conséquent il
ne peut jamais y avoir pendant longtemps un excédant d’un produit quelconque ;