Full text: Oeuvres complètes

CH. XXI. — DES PROFITS ET DE L'INTÉRÊT DES CAPITAUX. 271 
Oü n’achète des produits qu’avec des produits, et le numéraire 
n’est que l’agent au moyen duquel l’échange s’effectue. 11 peut être 
produit une trop grande quantité d’une certaine denrée, et il peut 
eu résulter une surabondance telle dans le marché, qu on ne puisse 
en retirer ce qu’elle a coûté ÿ mais ce trop plein ne saurait avoir lieu 
pour toutes les deurées. La demande de blé est bornée par le nombre 
de bouches qui doivent le manger; celle des souliers et des habits, 
par le nombre des personnes qui doivent les porter; mais quoique 
une société, ou partie d'une société, puisse avoir autant de blé et 
autant de chapeaux et de souliers qu'elle peut ou qu’elle veut eu 
consommer, on ne saurait en dire autant de tout produit de la 
nature ou de l’art. Bien des personnes consommeraient plus de vin, 
si elles avaient le moyen de s’eu procurer. D’autres, ayant assez de 
vin pour leur consommation, voudraient augmenter la quantité de 
leurs meubles, ou en avoir de plus beaux. D’autres pourraient vou 
loir embellir leurs campagnes, ou doimer plus de splendeur à leurs 
maisons. Le désir de ces jouissances est inné dans l’homme; il ne 
faut qu’en avoir les moyens ; et un accroissement de production 
peut, seul, fournir ces moyens. Avec des subsistances et des denrées 
de première nécessité à ma disposition, je ne manquerai pas long 
temps d’ouvriers dont le travail puisse me procurer les objets qui 
pourront m’être plus utiles ou plus désiraides. 
J.a baisse ou la hausse de profits, que cet accroissement de produc 
tion et la demande qui eu est la suite ¡x)urront occasionner, dépend 
uniquement de la hausse des salaires; et la hausse des salaires, ex 
cepté pendant un temps limité, tient à la facilité de produire les sub 
sistances et les choses nécessaires à l’ouvrier. J’ai dit, pendant un 
temps limité, car il n’y a rien de mieux établi que ce principe, sui 
vant lequel la quantité des ouvriers doit toujours , en dernière] ana 
lyse, se proportionner aux moyens de les payer. 
Il n’y U qu’un seul cas, et celui-là n’est (juc temporaire, dans lequel 
raccumulation du capital, accompagnée du bas prix des subsistances, 
peut amener une baisse des profits; ce cas est celui où les fouds des 
car, si cela était, il tomberait au-dessous de son prix naturel, et le capital passe 
rait à un autre emploi plus lucratif. Il n’y a pas d’écrivain qui ait montré d’une 
manière plus satisfaisante et plus habile que le docteur Smith la tendance qu’ont 
les capitaux de quitter des emplois dans lesquels les produits ne suflisent pas à 
payer tous les frais de production et de transport en y joignant les profits ordi 
naires. de l’Auteur.)
	        
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