Full text : Oeuvres complètes

-274  PIONCIPES  DE  L'ECONOMIE  POLlTIßUE.
.  disc  à  meilleur  marché  que  nous  ne  sommes  eu  état  de  le  faire  nous-.
  mêmes,  il  \aut  bien  mieux  que  nous  la  lui  adietions  avec  les  pro-»
  duits  de  quelque  industrie  où  nous  excellions.  L’industrie  générale
»  du  pays  étant  toujours  en  proportion  du  capital  qui  la  met  en  œuvre,
»  elle  ne  sera  pas  diminuée  pour  cela;...  seulement  ce  sera  a  elle  à
«  chercher  la  manière  dont  elle  peut  être  employée  à  son  plus  grand
»  avantage.  »
Et  dans  une  autre  endroit  :  «  Par  conséquent,'ceux  qui  peuvent  dis  •
»  poser  d’une  plus  grande  quantité  de  vivres  qu  ils  ne  peuvent  en
»  consommer,  sont  toujours  prêts  à  donner  ce  surplus,  ou,  ce  qui  re-«
  vient  au  même,  sa  valeur  en  échange  d’un  autre  genre  de  jouissan-.
  ces.  Tout  ce  qui  reste  après  avoir  satisfait  des  besoins  nécessairement
»  limités,  est  donné  pour  flatter  ces  désirs  que  rien  ne  saurait  satis-»
  faire,  (jiii  paraissent  tout  à  fait  insatiables.  Les  ])auvres,  pour
»  avoir  de  la  nourriture,  travaillent  à  satisfaire  les  fantaisies  des  ri-»
  ches  ;  et,  pour  être  plus  sûrs  d’obtenir  cette  nourriture,  ils  enché-»
  rissent  l’un  sur  l’autre  à  qui  travaillera  à  meilleur  marché,  et  à  qui
»  mettra  plus  de  perfection  à  son  ouvrage.  Le  nombre  des  ouvriers
»  s’accroît  par  l’abondance  de  vivres,  ou  par  les  améliorations  crois-»
  sautes  dans  la  culture  des  terres  ;  et  comme  la  nature  de  leurs  occu--
  pations  est  susceptible  de  la  plus  grande  division  de  travail,  la
-  quantité  de  matières  qu’ils  peuvent  consommer  augmente  dans  une
«  proportion  beaucoup  plus  forte  que  le  nombre  des  ouvriers.  De  là
»  naît  une  demande  de  toute  sorte  de  matières  que  l’industrie  des
«  hommes  peut  employer  en  objets  d’utilité  ou  d’ornement,  en  babil-»
  Icments,  équipages,  ameublements,  substances  fossiles,  minéraux
.  renfermés  dans  le  sein  de  la  terre,  et  métaux  précieux.  »
Il  résulte  donc  de  ces  développements  qu’il  n’est  pas  de  limites  pour
la  demande,  pas  de  limites  pour  l’emploi  du  capital,  toutes  les  fois
que  le  capital  donne  quelques  profits  et  que  ces  profits  ne  peuvent
baisser  que  par  suite  de  la  hausse  des  salaires.  Enfin  j  ajouterai  que
la  seule  cause  qui  fasse  hausser  constamment  les  salaires,  c  est  la  difficulté ­
  toujours  croissante  de  se  procurer  de  la  nourriture  et  des  objets
de  première  nécessité  pour  le  nombre  cha([ue  jour  croissant  des
ouvriers.
Adam  Smith  a  observé,  avec  raison,  qu’il  est  extrêmement  difficile
de  fixer  le  taux  des  profits  des  capitaux.  «  Le  ])rofit  est  sujet  à  des
»  variations  telles,  dit-il,  que  même  dans  un  commerce  particulier,
»  et  à  plus  forte  raison  dans  les  différentes  branches  de  commerce  en
».  général,  il  serait  difficile  d’en  déterminer  le  terme  moyen......  Et
            
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