Full text : Oeuvres complètes

290  PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE,
blé,  et  par  conséquent  il  croit  que  la  valeur  réelle  du  blé  pourrait
monter  et  monte  eu  effet  sans  influer  sur  le  prix  du  travail.  Pour  le  cas,
cependant,  où  le  prix  du  travail  se  ressentirait  de  cette  hausse,  il  soutent,
  avec  Adam  Smith  et  l’auteur  de  l’article  de  la  Revue  d’Èdimbourg,
  que  le  prix  des  objets  manufacturés  devrait  monter  en  même
temps  ;  hors  ce  cas,  je  ne  conçois  pas  comment  il  pourrait  distinguer
une  telle  hausse  du  blé  d’avec  une  baisse  dans  la  valeur  de  l’argent,
ou  comment  il  pourrait  arriver  à  un  résultat  différent  de  celui  du
docteur  Smith.  '
Dans  une  note,  à  la  page  270  '  du  premier  volume  de  la  richesse  des
Nations,  M.  Buchanan  s’exprime  ainsi  :  «  Mais  le  prix  du  blé  ne  règle
»  pas  le  prix  en  argent  de  tous  les  autres  produits  bruts  de  la  terre.
»  Il  ne  règle  ni  le  prix  des  métaux  ni  celui  de  beaucoup  d’autres  matiè-»
  res  utiles,  telles  que  la  houille,  le  bois,  les  pierres,  etc.;  et  comme
»  il  ne  règle  pas  le  prix  du  travailj  il  ne  règle  pas  non  plus  celui
»  des  objets  manufacturés  ;  en  sorte  que  la  prime,  en  tant  qu  elle  élève
»  le  prix  du  blé,  forme  incontestablement  un  avantage  réel  pour
»  le  fermier.  Ce  n’est  donc  pas  sous  ce  rapport  que  l’on  peut  en  mn-»
  tester  l’utilité.  11  est  hors  de  doute  que  ces  primes  offrent  un  encou-»
  ragement  à  l’agriculture,  par  la  hausse  qu  elles  opèrent  dans  le  prix
»  du  blé.  La  question  se  réduit  donc  à  savoir  s’il  convient  d’eneoura-»
  ger  l’agriculture  par  un  tel  moyen.  »  Les  primes  sont  avantageuses
au  fermier,  en  ce  qu  elles  ne  font  point  hausser  le  prix  du  travail  ;
car,  si  elles  produisaient  un  tel  effet,  elles  feraient  bansser  le  prix  de
toutes  les  autres  choses  à  proportion,  et  ne  présenteraient  alors  aucun
encouragement  à  l’agriculture.
il  faut  cependant  convenir  que  la  tendance  d’une  prime  accordée  à
l’exportation  d’une  marchandise  quelconque,  est  de  faire  baisser  un
peu  la  valeur  de  l’argent.  Tout  ce  qui  facilite  l’exportation  tend  à
augmenter  la  quantité  de  l’argent  dans  le  pays  qui  exporte  ;  et  au
contraire,  tout  ce  qui  s’oppose  à  l’exportation  tend  à  diminuer  la  quantité ­
  de  l’argent.  L’effet  général  de  l’impôt  est  de  diminuer  l’exportation ­
  par  la  hausse  qu’il  occasionne  dans  les  prix  des  produits  imposés,
et  de  s’opposer  par  conséquent  A  l’introduction  de  l’argent.  Nous
avons  expliqué  cela  plus  en  détail  dans  nos  observations  générales  sur
l’impôt.
Le  docteur  Smith  a  parfaitement  développé  les  effets  nuisibles  du

Édition  anglaise.
            
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