Full text : Oeuvres complètes

293

ai.  XXII.  —  DK  LMMPOHTATION  ET  DE  I/EXPORTATION.
»  rétranfçer,  ce  qui  convient  le  mieux  aux  citoyens,  convient  le  mieux
»  à  l’État  :  ainsi,  quand  on  met  des  entraves  à  l’exportation  que  les
»  particuliers  seraient  tentés  de  faire  de  métaux  précieux,  on  ne  fait
»  autre  chose  que  les  forcer  à  remplacer  cet  envoi  par  un  autre  moins
»  profitable  pour  eux  et  pour  l’État.
»  Qu’on  fasse  bien  attention  que  je  dis  seulement,  dans  ce  qni  a
»  rapport  au  commerce  avec  Vétranger  ;  car  les  ßains  que  font  les
»  négociants  sur  leurs  compatriotes,  comme  ceux  qu’ils  font  dans  le
»  commerce  exclusif  des  colonies,  ne  sont  pas,  en  totalité,  des  pains
»  pour  l’État.  Dans  le  commerce  entre  compatriotes,  il  n’y  a  de
»  gain  pour  tout  le  monde  que  la  valeur  d'une  utilité  produite  \  »
Tiv.  I,  cbap.  22,  §  I.
Je  ne  comprends  pas  cette  différence  entre  les  profits  du  commerce
intérieur  et  ceux  du  commerce  étranger.  L’objet  de  tout  commerce
est  d’augmenter  la  production.  Si,  pour  acheter  une  pipe  de  vin,
je  peux  exporter  des  lingots  qui  ont  été  achetés  moyennant  le  produit ­
  du  travail  de  cent  jours,  et  que  le  gouvernement,  en  défendant
l’exportation  des  lingots,  me  force  à  acheter  mon  vin  au  moyen
d’une  denrée  qui  me  coûte  la  valeur  produite  par  le  travail  de  cent
cinq  jours,  je  perds  le  fruit  de  ces  cinq  jours  de  travail,  et  l’État  le
perd  aussi  bien  que  moi.  Mais  si  ces  transactions  avaient  lieu  entre
particuliers,  dans  différentes  provinces  d’un  même  pays,  les  individus ­
  et  l’État  en  tireraient  les  mêmes  avantages  si  les  acheteurs
étaient  libres  dans  le  choix  des  marchandises  qu’ils  donneraient  en
paiement;  et  les  mêmes  désavantages,  si  le  gouvernement  forçait
les  particuliers  à  acheter  avec  des  marchanilises  qui  offriraient  moins
d’avantages.  Si  un  fabricant  peut,  avec  le  même  capital,  travailler
une  plus  grande  quantité  de  fer  là  où  le  charbon  abonde,  que  là  où

‘  Les  passades  suivants  ne  sont-ils  pas  en  contradiction  avec  celui  que  je  viens
de  citer  ?
«  Outre  qu’en  tous  pays  le  commerce  intérieur,  quoique  moins  aperçu,  parce
»  qu’il  est  en  toutes  sortes  de  mains,  est  le  plus  considérable,  c’est  aussi  le  plus
»  avantageux.  Les  envois  et  les  retours  de  ce  commerce  sont  nécessairement  les
»  produits  du  pays.  »  Traité  d’Economie  politique,  liv.  I,  chap.  9.
«  Le  gouvernement  anglais  n’a  pas  fait  atttention  que  les  ventes  les  plus  profi-"
  tables  sont  celles  qu’une  nation  se  fait  à  elle-même,  parce  qu’elles  ne  peuvent
»  avoir  lieu  qu’autant  qu’il  y  a,  par  cette  nation,  deux  valeurs  produites  :  la  valeur
>>  qu’on  vend  et  celle  avec  laquelle  on  achète.  »  Ibid.,  liv.  I,chap.  7.
Hans  le  xxvi*  chapitre  de  cet  ouvrage,  je  me  propose  d’examiner  la  solidité
de  cette  doctrine.  f  Note  de  T  Auteur.J
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.