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356 PRINCIPES DE L’ÉCONOMIE POLITIQUE,
le prix de toutes les marchandises eût haussé de 10 ou de 20 pour 100,
si l’on ii’eii achetait pas plus que par le passé, je crois qu’on ne pour
rait pas dire que le changement de prix de la marchandise a été l’effet
d’une plus grande demande; sou prix naturel, ses frais de production
en argent, se trouveraient réellement changés par la différente valeur
de l’argent ; et sans aucun surcroît de demande, le prix de la mar
chandise s’accommoderait à cette nouvelle valeur.
« Nous avons vu (dit M. Say) que les frais de production déter-
» minent le plus bas prix des choses, le prix au-dessous duquel elles
» ne tombent pas d’une manière durable, car alors la production s’ar-
» rète ou diminue. » Liv. Il, chap. 4.
.11 dit ensuite que la demande de l’or ayant depuis la découverte des
mines augmenté dans une proportion encore plus forte que l’appro
visionnement, « le prix de l’or estimé en marchandises, au lieu de
. tomber dans la proportion de dix à un, n’a baissé que dans la pro
portion de quatre à un ; » c’est-à-dire qu’au lieu de baisser en pro
portion de la baisse de son prix naturel, il n’est tombé qu’en suivant
la proportion de l’excès de l’approvisionnement par rapport à la
demande \ La,valeur de chaque chose monte toujours en raison directe
de la demande et en raison inverse de l'offre.
Lord Lauderdale énonce la même opinion :
« Quant aux variations de valeur auxquelles toute marchandise
» est exposée, dit-il, si nous pouvions supposer pour un moment
. qu’une substance quelconque possédât une valeur intrinsèque et
» fixe de manière qu’une quantité déterminée eût toujours et
» dans toutes les circonstances une même valeur, le prix de cha-
. que chose, mesuré par une telle mesure fixe et constante^ va-
. rierait suivant le rapport entre .sa quantité, et la demande qu’il
» y en aurait, et chaque chose serait sujette à varier de valeur par
. quatre circonstances différentes :
» 1° Une chose augmenterait de valeur en raison de la diminu-
. lion de sa quantité ; ' ' '
« « Si, avec la quantité d’or et d’argent qui existe actuellement, ces métaux ne
D servaient qu’à la fabrication de quelques ustensiles et de quelques ornements,
i> ils abonderaient, et seraient à bien meilleur marché qu’ils ne sont, c est à-dire
» nu’en les échangeant contre toute espèce de denrées, il faudrait, dans ce troc,
! en donner davantage à proportion. Mais comme une grande partie de ces mé-
” taux sert de monnaie, et que cette partie ne sert pas à autre chose, il en reste
” mdihs à employer en meubles et en bijoux ; or, cette rareté ajoute à leur valeur.»
1 Ji-B. Say, Uv. I,chap. 21, § 3. iNote de l'Auteur.)