Full text: Oeuvres complètes

cil. X\Xll. - DE L'OIMMON DE M. M.XLTIIUS SUR L\ RENTE. 38» 
D’abord, il me semble que j’ai déjà fait voir que le revenu nomi 
nal ne sera pas réduit dans la proportion que M. Malthus cherche a 
établir ; il ne s’ensuivrait pas de ce que le blé aurait baissé de 50 
pour cent, que la valeur du revenu de chaque particulier se trouvât 
réduite de 50 pour cent 
En second lieu, je crois que le lecteur conviendra avec moi que ce 
fardeau, en admettant qu’il existe, ne pèserait pas exclusivement 
sur « les propriétaires et les classes industrieuses de la société. •» Le 
créancier de l’État, dans la dépense qu’il fait, paie sa part, pour 
subvenir aux dépenses de l’État, de la même manière que les autres 
classes de la société. Dans le cas donc où l’argent augmenterait de 
valeur réelle, quoiqu’il reçoive une valeur plus forte, il en paiera 
également une plus grande en impôts. Il ne peut donc être vrai de 
dire que toute l’addition à la valeur réelle de l’intérêt, doit être 
payée par les propriétaires et par les classes indusirieuses. 
Mais tout l’argument de M. aialthus repose sur une base peu so 
lide. Il suppose que, parce que le revenu brut du pays est diminué, 
il faut, par conséquent, que le revenu net le soit également, et dans 
la même proportion. Un des objets que j’ai eus en vue dans cet ouvra 
ge a été de montrer que, par suite de toute baisse dans la valeur des 
choses de première nécessité, les salaires du travail doivent baisser, 
et les profits du capital s’élever, ou, en d’autres mots, que, sur une 
valeur annuelle déterminée, une moindre portion serait donnée en 
paiement à la classe ouvrière, et une jilus considérable reviendrait à 
ceux dont les capitaux ont servi à payer le travail de cette classe. 
Supposons que la valeur des produits d’un genre particulier d’indus 
trie soit de 1000 1. St., et qu’elle soit partagée entre le maître et ses 
ouvriers, de telle sorte que 800 1. appartiennent aux ouvriers, et ‘iOO 
livres au maître ; si la valeur de ces produits tombait à 000 livres, 
et qu’on épargnât 100 1. sur les salaires des ouvriers par suite de la 
baisse des objets de première nécessité, le revenu net du fabricant 
n’en souffrirait nullement, et par conséquent il pourrait aussi aisé 
ment payer le même montant d’impôts après cette réduction de 
prix 
' M. Maltlius, dans un autre endroit de son ouvrage, suppose que les denrées 
varient de 25ou de 20 pour cent, pendant que le blé varie de 33 '/s pour oent. 
{'yo/e (le rAuteur.) 
^ Dans le chapitre xxvi, j'ai observe que les ressources réelles d’un pays et ses
	        
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