Full text : Oeuvres complètes

392  ■  .  ’PRINCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
ment  désirable  et  heureux,  —  la  situation  de  la  classe  la  plus  importante, ­
  la  plus  utile  de  la  société,  sera  précisément  celle  qui  s’améliorera ­
  le  plus  sous  l’influence  de  cette  nouvelle  distribution.  Tout  ce
qu’elle  reçoit  au-dessus  de  9  millions  ,  forme  une  partie  du  revenu
net  du  pays  et  ne  peut  être  dépensé  sans  ajouter  à  son  revenu,  son
bonheur  ou  sa  puissance.  Distribuez  donc  sans  soucis  le  revenu  net.
Donnez-en  un  peu  plus  à  une  classe,  un  peu  moins  à  une  autre,  et
vous  ne  l’aurez  cependant  pas  diminué  :  car  la  même  somme  de  travail
n’en  aura  pas  moins  produit  une  plus  grande  somme  de  marchandises,
parce  que  la  valeur  en  argent  de  ces  marchandises  aura  fléchi.  Mais
le  revenu  net  du  pays,  ce  fonds  qui  défraie  les  budgets  et  les  jouissances ­
  du  pays  ;  le  revenu  net,  dis-je,  sera  bien  plus  apte  que  jamais  à
entretenir  la  population  actuelle  ,  à  supporter  les  taxes  nationales  ,
à  répandre  de  toutes  parts  le  bien-être  et  le  luxe.
11  est  hors  de  doute  que  le  rentier  de  l’État  gagne  beaucoup  à  une
forte  baisse  du  blé;  mais  si  personne  ne  souffre  de  cette  baisse,  ce
n’est  pas  une  raison  qui  puisse  engager  à  prendre  des  mesures  pour
faire  renchérir  le  blé  ;  car  le  gain  du  rentier  est  un  gain  national,  et,
ainsi  que  tout  autre  gain,  il  augmente  la  richesse  et  la  puissance  réelles
du  pays.  S’il  fait  un  profit  indu,  il  faut  examiner  exactement  jusqu’à
quel  point  cela  est,  et  c’est  alors  à  la  législature  à  en  chercher  le
remède  ;  mais  rien  ne  peut  être  plus  impolitique  que  de  nous  priver
entièrement  de  tous  les  avantages  qui  résultent  du  bas  prix  du  blé
et  d’une  grande  abondance  de  produits,  par  le  seul  motif  que  le
•  rentier  de  l’État  eu  tire  un  avantage  qui  ne  lui  serait  pas  dù.
Jusqu’à  ce  jour  on  n’a  jamais  essayé  de  régler  les  dividendes  des
fonds  publics  d’après  la  valeur  en  argent  du  blé.  Si  l’équité  et  la
bonne  foi  exigeaient  un  pareil  réglement,  les  possesseurs  des  vieilles
rentes  auraient  une  grande  somme  à  réclamer;  car  ils  ont,  depuis  un
siècle  ,  reçu  toujours  les  mêmes  dividendes  en  argent,  quoique  pendant ­
  cette  époque  le  blé  ait  peut-être  doublé  ou  triplé  de  prix  '.
M.  Malthus  dit  :  «  11  est  vrai  que  les  dernières  additions  que  l’on
»  fait  aux  produits  agricoles  d’un  pays  dont  la  prospérité  est  crois-*

  ]M.  Mac  Culloch,  dans  un  écrit  plein  de  mérite,  a  fortement  soutenu  qu’il  était
juste  de  rendre  les  dividendes  de  la  dette  nationale  conformes  à  la  valeur  réduite
du  blé.  Il  est  partisan  de  la  liberté  du  commerce  des  grains,  mais  il  pense  qu’elle
devrait  être  accompagnée  d’une  réduction  de  l’intérêt  payé  au  créancier  de
l’État*.  (Sotede  V,tuteur.J
*  Ricardo  a  lui  meme  répondu  à  cet  expédient  élrnn<>ecl  inexplicable.
            
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