Full text : Oeuvres complètes

I>E  HAUT  PRIX  DES  LINGOTS.  H»
bâtions  analogues  à  celles  qui  suivirent  la  dégradation  des  monnaies
d’argent  \
Tant  que  la  circulation  des  différents  pavs  consiste  en  métaux
précieux  ou  en  une  monnaie  de  papier  constamment  remboursable,
et  tant  que  les  agents  métalliques  n’ont  été  altérés  iii  par  le  Irai  ni
par  les  rogneurs,  il  est  facile  de  déterminer  le  pair  général  du  change
en  comparant  le  poids  et  le  titre  des  monnaies.  Ainsi  le  pair  du  change
entre  la  Hollande  et  l’Angleterre  a  été  11  xé  à  environ  onze  flo-«
  ins,  parce  que  la  quantité  d’ai  gent  pur  conteuu  dans  onze  florins
est  égale  à  l’argent  pur  contenu  dans  20  shilliugs  types.
Ce  pair  n’est  ni  ne  peut  être  absolument  invariable.  Eu  effet,  l’or
étant  l’étalon  du  commerce  eu  Angleterre,  comme  est  l’argent  à  Hambourg, ­
  une  livre  St.  —  ou  les  20^21  d’une  guinée,  —  peut  à  diverses
épo(|ues  valoir  plus  ou  moins  que  vingt  shillings  au  titre,  et  conséquemment ­
  plus  ou  moins  que  son  équivalent,  onze  florins.  Notre
but  sera  d’ailleurs  assez  exactement  atteint,  que  nous  estimions  le
pair  en  argent  ou  eu  or.
Je  me  suppose  une  dette  envers  la  Hollande.  Si  je  connais  le
pair  du  change,  je  connaîtrai  aussi  la  quantité  de  notre  monnaie
nécessaire  pour  l’acquitter.
Si  ma  dette  s  eleve  à  1100  florins,  la  valeur  de  l  or  étant  d  ailleurs  la
même,  1001.  de  notre  coin  d’or  au  titre  achèteront  la  somme  de  monnaie ­
  hollandaise  nécessaire  au  paiement  de  cette  dette.  Je  puis  donc
indifféremment  exporter  les  100  1.  en  numéraire,  ou,  ce  qui  revient
au  même,  acheter  d’un  marchand  de  lingots  un  effet  qui  liquidera
ma  dette.  Je  lui  allouerai  dans  l’achat  de  l’effet  les  frais  de  transport, ­
  tels  que  ceux  de  fret,  d'assurance,  et  son  profit  légitime.
De  son  côté  il  exportera  les  lingots,  pour  donner  à  son  correspondant
les  moyens  de  couvrir  la  traite  a  l’échéance.  Ces  frais  constituent
«loue  les  limites  extrêmes  d’un  change  défavorable.
Quel(|ue  grande  que  soit  ma  dette,  et  en  la  supposant  même  égale
au  plus  lourd  des  subsides  accordés  jmr  ce  pays  à  un  allié  ,  le  changeur ­
  «ira  toujours  satisfait  d’exporter  le  numéraire  et  de  me  vendre
de^i  traites,  si  je  puis  le  payer  en  monnaie  au  dire.  Mais  si  je  lui  paie

■  Quand  les  unités  d’or  furent  dégradées  antérieurement  à  la  refonte  de  1774,
.  ^  argent  s  élevèrent  au-dessus  de  leur  prix  à  la  Monnaie,  pour
moment  où  la  monnaie  atteignit  sa  pureté  actuelle.  Les  changes,
P  r  es  m  mes  causes,  devinrent  favorables,  de  défavorables  qu’ils  étaient  aupa-
            
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