Full text : Oeuvres complètes

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OEUVRES  DIVERSES,

avant  la  dépréciation,  je  consacrais  à  l’achat  d’une  terre  trente  années
de  son  revenu,  et  à  l’achat  de  fonds  publics  vingt-cinq  annuités  de
rentes,  il  pourra  arriver  que  je  donne  après  la  dépréciation  une
plus  grande  valeur  pour  la  terre,  sans  donner  toutefois  plus  d’annuités ­
  de  mon  revenu  ;  car,  par  Teifet  de  la  dépréciation,  le  produit
de  la  terre  se  vendra  à  un  taux  nominal  bien  supérieur.  Mais  comme ­
  ces  annuités  de  rentes  se  paient  en  une  monnaie  dégradée,  il  n’y
a  aucune  raison  qui  puisse  me  porter,  après  la  dépréciation,  à  les
payer  plus  cher  qu’auparavant.
Si  l’on  abaissait  les  guinées,  par  des  rognures  successives,  à  la  moitié
de  leur  valeur  actuelle,  la  terre  renchérirait  comme  toutes  les  autres
marchandises,  au  point  de  doubler  en  valeur  nominale;  mais  comme
l’intérêt  des  fonds  se  paierait  en  guinées  dépréciées,  ils  ne  participeraient ­
  pas  à  cette  hausse  générale.
Le  remède  que  je  propose  pour  arrêter  le  malaise  de  notre  circulation, ­
  serait  que  la  banque  réduisît  graduellement  le  montant  de  ses
billets,  jusqu’au  moment  où  elle  aurait  restitué  à  l’autre  partie  une
égalité  de  valeur  avec  les  coins  qu’ils  représentent;  en  d’autres  termes, ­
  jusqu’à  ce  que  le  prix  des  lingots  d’or  et  d’argent  ait  été  ramené
à  celui  de  la  monnaie.
Je  sens  parfaitement  que  la  disparition  totale  du  papier  de  crédit
engendrerait  les  conséquences  les  plus  désastreuses  pour  l’iudustrie
et  le  commerce  du  pays.  Une  restriction  subite  occasionnerait  même
tant  de  ruines  et  de  détresse,  qu’il  serait  coupable  d’y  avoir  recours
comme  à  un  moyen  de  rétablir  notre  circulation  dans  sa  valeur
régulière  et  équitable.  En  admettant  que  la  banque  eût  une  réserve
de  guinées  supérieure  au  nombre  de  ses  billets,  elle  ne  pourrait  rembourser ­
  son  papier  en  espèces  sans  causer  un  grand  préjudice  au
pays;  elle  ne  le  pourrait,  du  moins,  tant  que  le  prix  des  lingots  d’or
resterait  de  beaucoup  au-dessus  du  prix  à  la  monnaie,  et  que  les  chànétrangeg
  nous  seraient  défavorables.  L’excès  de  nos  agents  mo
n^îSfféTs’échangerait  à  la  banque  contre  des  guinées,  s’exporterait
ensuite,  et  disparaîtrait  soudainement  de  la  circulation.  Avant  donc
qu’elle  puisse  reprendre  avec  sécurité  ses  paiements  en  espèces,  il
faudra  que  l’excès  des  billets  ait  été  graduellement  soustrait  à  la
circulation.  Si  cette  opération  s’opère  graduellement,  il  n’en  résultera ­
  que  de  légers  inconvénients,  de  sorte  que  le  principe  franchement ­
  admis,  la  seule  question  à  résoudre  serait  si  le  but  doit  être
atteint  en  un  an  ou  en  cinq.  Je  suis  intimement  convaincu  que  nous
ne  parviendrons  jamais  à  ramener  notre  système  monétaire  à  sa  si-
            
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