Full text : Oeuvres complètes

448  ŒUVRES  DIVERSES.
tion  une  portion  considérable’de  numéraire,  tout  accroissement  dans
les  billets  de  banque  peut  diminuer  passagèrement  la  valeur  de  la
circulation  totale,  papier  et  or  à  la  fois  ;  mais  cette  dépression  ne
sera  jamais  constante.  En  effet,  l’exubérance  et  le  bon  marché  de
la  monnaie  abaisseront  le  taux  du  change,  et  détermineront  l’exportation ­
  d’une  partie  du  numéraire.  Cette  exportation  cessera,  ensuite,
aussitôt  que  la  circulation  aura  recouvré  sa  valeur  et  ramené  le
change  au  pair.  La  multiplication  des  billets  inférieurs  se  traduira
en  définitive  par  la  substitution  d’une  monnaie  à  une  autre,  d’agents ­
  en  papier  à  des  agents  métalliques,  et  n’agiro^it  pas  comme
un  accroissement  actuel  et  permanent  L
Nous  ne  sommes  cependant  point  dépourvus  de  tout  critérium
propre  à  nous  faire  évaluer  le  montant  relatif  de  la  circulation,
comparé,  à  différentes  époques,  aux  billets  de  banque;  et  quoique ­
  nous  ne  puissions  admettre  ce  critérium  comme  infaillible,  il
a  en  lui  des  probabilités  d’exactitude  suffisantes  pour  décider  la  question ­
  qui  nous  occupe.  Ce  critérium  consiste  dans  les  billets  de  5  1.
et  au-dessus,  que  nous  devons  toujours  envisager  comme  conservant
dès  proportions  assez  régulières  relativement  à  la  circulation  totale. ­
  Ainsi,  si  depuis  1797  les  billets  de  cette  dénomination  se
sont  accrus  de  21  à  16  millions,  nous  pourrons  en  inférer  que  la
circulation  totale  a  augmenté  du  tiers.  Si  d’ailleurs,  le  rayon  dans  lequel ­
  circulent  les  billets  de  banque  n’a  été  ni  étendu  ni  resserré,
les  billets  au-dessous  de  5  1.  seront  émis  à  mesure  qu’on  enlève
les  agents  métalliques  à  la  circulation,  et  se  multiplieront  en  raison  de
toute  augmentation  correspondante  dans  les  billets  d’une  coupure
plus  élevée.
Si  je  suis  autorisé  à  croire  que  l’aceroissemeut  du  montant  de  nolie
circulation  doit  être  attribué  à  une  multiplication  de  billets  de  banque ­
  de  5  1.  et  au-dessus,  et  jamais  à  une  surémission  de  billets  de
1  1.  et  2  1.  substitués  aux  guinées  exportées  ou  thésaurisées,  je
dois  nécessairement  rejeter  toutes  les  conclusions  de  M.  Pearse,  car

*  Ceux  qui  rejettent  les  raisonnements  du  Bullion  Committee  x-Report  ont
souvent,  et  avec  justice,  soutenu  qu’une  augmentation  des  billets  de  banque  audessous
  de  5  1.  devait  être  considérée  comme  une  [substitution  aux  coins  exportés, ­
  plutôt  que  comme  une  augmentation  actuelle  de  circulation.  Mais  quand
ces  messieurs  veulent  établir  leur  théorie  de  prédilection,  celle  qui  repousse
toute  connexité  entre  le  montant  de  la  circulation.fiUfiJaRx  du  change,  ils  n’ont
garde  de  ñe'pSsappeler  à  leur  secoiirsces^tits  billets  qu’ils  avaient  auparavant
dédaigneusement  écartés.
            
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