RÉPONSE AUX OBSEIUATIONS DE M. BOSANQUET. Í8.S
Mais ce sont laies seuls faits sur lesquels M. Bosanquet s’appuie
pour renverser le principe. Et ces prix inconnus au public, que
nul tableau ne constate et qu’on a oit appuves par une corporation
qui ne brilla jamais par une sage direction de ses affaires, ces prix
seraient reconnus comme étant les véritables cours du marché! Et
des exceptions de ce genre seraient destinées à détruire des opinions
fondées sur une saine théorie, sanctionnées par des hommes prati
ques, et contrôlées par l’expérience !
A-t-on un seul fait qui prouve que ces prix se sont perpétués
pendant une semaine seulement? Si nous consultons le tableau des
pHx, nous trouvons qu’en juillet de cette même année 1795 l’or
«tait coté à 3 1. 17, s.6d; en décembre, il est encore au même
faux de 31. 17 6 d. et quant aux quatre mois intermédiaires, aucun
prix n’est indiqué. M. Bosanquet croit-il que le prix de l’or ait pu
se maintenir à 4 1. 4 s. quand on pouvait facilement l’obtenir à
f 1.17 s. 10 lj'2 d. en fondant les monnaies? A-t-il donc une si
haute opinion du désintéressement et des vertus de toutes les classes
de la société? Et s’il en est ainsi, pourquoi ne s’y confierait-on pas
aujourd’hui? Où sont les raisons qu’on assigne pour ne pas payer en
espèces? Dira-t-on que le change actuel et le prix de l’or offrent de
tels avantages à la fusion et à l’exportation des monnaies métal
liques, qu’on puisse craindre de voir toutes les guinées abandonner
le pays ? Mais comme vous affirmez que les lingots n’ont aucun
rapport avec le numéraire, « qu’il n’existe aucun point de contact
entre l’or anglais et l’or étranger, « on n’a pas à redouter de voir
des individus se montrer jaloux de monnaies métalliques; car les
hanck-notes accomplissent aussi bien, si ce n’est mieux, les simples
uiouvements de la circulation.
« S’il arrivait, dit M. Bosanquet, que les demandes d’or étranger
fussent très-considérables et qu’à la même époque la loi eût di
minué la fusion et l’exportation des guinées, l’or étranger pourrait
^ller jusqu’à doubler son prix en or anglais, et laisser cependant
n nos guinées leur valeur intrinsèque.
•fe pourrais appliquer au .S; de M. Bosanquet l’observation qu’il
paraît aussi que depuis 1804, il a été frappé avec de l’or étranger 1,402,-542 liv.
ef que l’or anglais n’a pas fourni une seule guinée. Pendant toute cette époque le
prix de l'or étranger dépassa sur le marché celui de l’or national. — N’esMl pas
probable alors que la Banque, qui importe seule l’or de la Monnaie, a été guidée
par des vues analogues à celles que je lui ai supposées ?