Full text: Oeuvres complètes

RÉPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET. 495 
celle qu’elles avaient réellement sur le marché comparées à l’argent, 
on eût arrêté immédiatement l’exportation des pièces de ce métal. 
Ce fut effectivement, du reste, le remède qu’à la fin on adopta. La 
question ayant été soumise en 1717 à sir 1. Newton, alors maître de la 
Monnaie, il dit : « La cause principale de l’exportation des pièces d’ar 
gent consiste en ce qu’une guinée qui circule au taux de 21 s. G d. ne 
vaut généralement pas plus de 20 s. 8 d. suivant le rapport de la va 
leur de l’or à l’argent sur le marché; rapport soumis pourtant à des 
variations accidentelles. » Il proposa alors, « de réduire de 6 d. la 
valeur de la guinée aiin de combattre la tentation d’exporter et de 
fondre les pièces d’argent. » Il ajoutait que « si l’on voulait resti 
tuer à l’or ses proportions relatives avec la monnaie d’argent, telles 
yue ces proportions résultent du mouvement général du commerce 
et du change en Europe, il faudrait diminuer la guinée de 10 ou 
•2d*. « Les mêmes effets se seraient reproduits, sans l’intervention 
du gouvernement, dans le cas où les valeurs relatives de l’or et de 
l’argent sur le marché se seraient rapprochées des proportions de la 
uiounaie par des oscillations successives. 
I-^rd Liverpool professe, relativement à la refonte de 1690, une 
upinion toute différente de celle de M. Bosanquet. 11 est si loin de 
penser que celte mesure a soumis Ja nation au désappointement et au 
fnalaise qui }'accablent encore, et à une dépense stérile de prés de .1 
unlhoMi» sterlings, qu’il dit : « Quelque lourde qu ait été cette charge, 
les pertes que subissaient chaque jour le gouvernement et le peuple 
entier avant 1 o¡)ération de la refonte sullisait à justifier toutes les 
dépenses consacrées à améliorer une telle situation. « 
M. Bosanquet échappe à la vérité, lorsqu il dit, p. 34, que depuis 
la refonte opérée sous le règne de Guillaume, le prix de 1 argent n a 
jamais été inférieur à celui de la Monnaie. Il résulte d’un examen des 
labiés de M. Mushet que ce prix avait baissé jusiju’à 5 s. Id. en 
•793 et 1794, et qu’en 1798 il descendit à 5 s. C’est alors même 
que fut rendue cette loi déjà signalée, qui prohibait le monnayage 
de l’argent*. 
‘ Lettre de lord Liverpool au roi. 
' Depuis que ces lignes ont été imprimées, j’ai vu la seconde édition de l’ouvrage 
df M. Bosanquet, dans laquelle cette iuexacütude se trouve corrigée. 
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