Full text : Oeuvres complètes

ŒIJVRKS  niVKRSKS.

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Tant  que  l’usage  de  ces  machines  est  restreint  à  un  seul  manufacturier ­
  ou  à  un  nombre  très-limité  de  concurrents,  ils  peuvent  en  recueillir ­
  des  profits  exceptionnels;  parce  qu’ils  ont  alors  la  faculte  de
vendre  leurs  marchandises  à  des  prix  très-supérieurs  aux  frais  de  production. ­
  Mais  aussitôt  que  les  machines  se  répandent  au  sein  de  toute
l’industrie,  le  prix  du  marché  se  rapproche  des  frais  de  production  actuelle ­
  et  ne  donne  plus  que  des  profits  modérés  et  habituels.
rendant  le  cours  du  déplacement  du  capital  d’une  industrie  à  l’autre,
les  profits  de  celle  vers  laquelle  il  se  dirige  seront  relativement  élevés;
mais  cette  hausse  cessera  dès  l’instant  où  les  fonds  nécessaires  y  auront
été  mis  en  œuvre.  Le  commerce  ouvre  aux  peuples  deux  voies  de  richesse ­
  :  —  l’une  par  raccroissemenl  du  taux  général  des  profits  ;  accroissement ­
  qui,  selon  moi,  ne  peut  avoir  lieu  (ju’en  vertu  d’un  approvision
nement  à  bas  prix  et  qui  ne  profite  (¡u’à  ceux  qui  tirent  un  revenu  de
leurs  capitaux,  à  titre  de  fermier,  de  manufacturier,  de  commerçant,
ou  de  capitaliste  prêtant  à  intérêt;  —  l’autre,  par  l’abondance  des  marchandises ­
  et  par  une  réduction  de  leur  valeur  d’échange  à  laquelle  tous
les  membres  de  la  société  participent.  Dans  le  premier  cas,  le  revenu
du  pays  a  reçu  un  véritable  accroissement  ;  dans  le  second,  le  même  revenu ­
  se  multiplie  en  procurant  à  tous  une  part  plus  large  des  nécessités
et  du  luxe  de  notre  existence.
C’est  sous  ce  dernier  point  de  vue*,  que  les  nations  sont  appelées
à  recueillir  des  bienfaits  de  l’extension  du  commerce,  de  la  division
du  travail  dans  les  manufactures  et  de  l'invention  de  puissantes  machines. ­
  Tous  CCS  phénomènes  ajoutent  à  la  masse  des  denrées  et  contribuent ­
  énergiquement  à  l’aisance  et  au  bonheur  de  l’humanité;
mais  ils  n’ont  aucune  influence  sur  le  taux  des  profits,  car  ils  n’augmentent ­
  pas  la  quantité  des  produits  relativement  aux  frais  d’exploitation ­
  agricole,  et  il  est  impossible  que  les  autres  profits  s’élèvent,  si
ceux  de  la  terre  demeurent  stationnaires  ou  rétrogrades.
Le  prix,  ou  plutôt  la  valeur  des  subsistances  est  donc  le  régulateur
suprême  des  profits.  Tout  ce  qui  tend  à  faciliter  la  production  alimentaire ­
  tend  à  élever  le  taux  des  profits,  <[uelle  (jiie  soit,  d’ailleurs,
I  abondance  ou  la  rareté  ultérieure  des  marchandises.  Au  contraire,
tout  ce  qui  tend  à  augmenter  les  frais  de  production  sans  accroître  en
même  temps  la  masse  des  subsistances’,  doit  nécessairement  abais-«

  Excepte  lorsque  le  développement  du  commerce  nous  permet  d’obtenir  les
subsistances  à  des  prix  véritablement  plus  modérés.
*  Si,  par  l’effet  du  commerce  extérieur  ou  de  l’invention  des  machines,  le
            
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