DE L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 579
chandises achetées et vendues, mais à plus bas prix : si bien, que la
même monnaie suivra une progression équivalente à 1 accroissement
du nombre des affaires, par cela seul qu elle figurera dans chaque
opération pour une valeur plus forte. La valeur de la monnaie ne
dépend donc pas entièrement de sa quantité absolue, mais de sa
quantité relativement aux paiements qu elle doit servir à effectuer.
Aussi observera-t-ou des effets analogues dans les deux hypothèses
suivantes : celle de l’accroissement d’un dixième dans l’usage de la
monnaie, et eelle de la diminution d’un dixième dans les agents de
circulation ; car dans les deux cas leur valeur haussera d’un dixième.
C’est la supériorité de la \aleur de la monnaie sur celle des lingots
qui, dans un état de circulation normale, devient la cause de son
accroissement en quantité j car alors s offre le débouché que doit
combler une plus forte émission de papier-monnaie ou un monnayage
de lingots ; — deux opérations dont on peut sûrement attendre
des bénéfices dans de telles circonstances.
Dire que La monnaie a une valeur supérieure à celle des lingots ou
de l’étalon, c’est dire que sur le marché les lingots se vendent audessous
du prix de la Monnaie. On pourra donc les acheter, les fondre,
les émettre à titre de coin, et eu retirer un profit équivalant à
la différence qui sépare le prix du marché de celui de la Monnaie. Le
prix de l’or à la Monnaie est de 3 1. 17 s. lü 1/2 d, j si, par le fait
d’une opulence progressive, les ventes et les achats de marchandises
se multipliaient sensiblement, l’effet le plus immédiat de ce mouvement
économique serait d’élever la valeur de la monnaie. Les proportions
de l’or-monnaie à l’or-liugot se transformeraient; au lieu
d’être de 3 1. 17 s. 10 1/2 d. de coins d’or pour une once de lingots,
elles descendraient à 3 1. 15 s. ü d : et il résulterait un profit de
2 s. 10 1/2 d. sur chaque once d’or que l’on ferait frapper à la Monnaie.
Ce profit ne serait toutefois qu’éventuel. Lu effet les contingents
monétaires qui viendraient ainsi grossir la cüculation abaisseraient
d’un côté sa valeur, tandis que de l’autre, la diminution
graduelle des lingots tendrait à élever le taux de l’or-métal sur le
marché : de sorte (jue l’une ou l’autre de ces causes rétablirait infailliblement
l’équilihre dans leur valeur relative.
Nous pouvons conclure de ces faits que, si l’on répond aux besoins
multipliés de la circulation eu émettant du numéraire, la valeur
des lingots et de la monnaie éprouvera pendant quelque temps
une hausse qui survivra même au jour où le niveau aura été rétabli.
Cette circonstance, quoique souvent inévitable , di'vient grave en ce