Full text : Oeuvres complètes

ŒUVRES  DIVERSES.

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monnaie  d’après  l’épreuve  proposée,  il  faudrait  la  comparer  successivement ­
  avec  l’innombrable  variété  de  marchandises  qui  circulent  au
sein  de  la  société,  et  tenir  compte,  pour  chacune,  de  tous  les  effets
qu’ont  pu  produire  sur  sa  valeur  les  causes  ci-dessus.  Celle  tâche,
selon  moi,  est  tout  simplement  impraticable.
Les  illusions  que  l’on  s’est  faites  sur  l’application  de  ce  système
dérivent  d’une  confusion  établie  dans  la  portée  de  ces  deux  termes  :
prix  et  valeur.
Le  prix  d’une  marchandise  est  sa  valeur  échangeable  indiquée  en
monnaie  seulement.
Iâl  valeur  d’une  marchandise  se  détermine  d’après  la  quantité  de
tout  autre  produit  qu’on  peut  obtenir  en  échange.
Le  prix  d’une  marchandise  peut  s’élever  au  moment  où  sa  valeur
baisse,  et  vice  versâ.  Le  prix  d’un  chapeau  peut  monter  de  20  shillings ­
  à  30,  et  cependant  ne  pas  équivaloir  à  la  quantité  de  thé,  de
sucre,  de  café,  de  toute  autre  denrée  qu’on  eût  pu  se  procurer  auparavant ­
  pour  20  shillings  ;  en  définitif  le  chapeau  n  en  pourra  pas
acheter  autant,  et  il  aura  baissé  de  valeur  tout  en  augmentant  de
prix.
Rien  n’est  aussi  facile  à  déterminer  (|u’une  variation  de  prix;
rien  n’est  aussi  difficile  qu’un  changement  dans  la  valeur.  11  faut
même  avouer  qu’il  est  impossible  d  apporter  dans  cette  estimation
quelque  certitude  ou  quelque  précision  sans  le  secours  d  une  mesure
invariable  qui,  d’ailleurs,  n’existe  pas.
Un  chapeau  peut  s’éehanger  contre  une  plus  petite  quantité  de
thé,  de  sucre,  de  café,  et  cependant  valoir  plus  de  quincaillerie,  de
souliers,  de  bas,  etc.  l  a  différence  entre  la  valeur  de  chacune  de  ces
marchandises  peut  dépendre  indifféremment  de  ce  que  la  valeur  de
l’une  d’elles  est  restée  immobile,  tandis  ique  les  deux  autres  s’élevaient ­
  dans  des  proportions  différentes;  de  ce  que  1  une  d  elles  est
demeurée  stationnaire,  tandis  que  les  deux  autres  baissaient;  enfin
de  ce  qu’elles  ont  toutes  éprouvé  à  la  fois  des  modifications  de  valeur. ­

Si  nous  disons  qu’il  faut  mesurer  absolument  la  valeur  au  moyen
des  jouissances  que  l’échange  de  tel  objet  donne  à  son  propriétaire,
nous  serons  tout  aussi  embarrassés  pour  arriver  à  une  appréciation
convenable  ;  car  la  même  marchandise  peut  procurer  à  deux  personnes ­
  une  des  jouissances  tout  à  fait  distinctes.  Ainsi,  dans  l’exemple ­
  précédent,  la  valeur  du  chapeau  eût  été  diminuée  pour  celui
dont  les  jouissances  exigent  du  thé,  du  sucre  ,  du  café  ;  elle  eût  été
            
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