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DE L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CIUCÜLATION MONÉTAIRE,
accrue pour celui qui préfère des souliers, des bas et de la quincail
lerie.
En général, les marchandises ne peuvent donc pas constituer un
étalon propre à mesurer la quantité et la valeur de la monnaie. Sans
doute les types que nous avons adoptés, nommément l or et 1 argent,
sont encore soumis à l’inconvénient des variations qu ils éprouvent
comme marchaudisen ; mais ces inconvénients s’effacent devant ceux
que nous aurions à supporter si nous adoptions le plan pro])Osé.
Pendant les vingt dernières années, à une époque où le prix de
l’or, de l’argent et de la plupart des autres marchandises s’était
considérablement élevé, les promoteurs de ce genre de circulation
abstraite, au lieu d’attribuer une partie de cette hausse à la déprécia-
^oîî du papier, trouvèrent constamment a leur service des raisons
propres à expliquer les fluctuations du marché. Ainsi 1 or et 1 aigent
renchérissaient, parce qu’ils étaient devenus rares et qu’il en fallait
d’immenses contingents pour solder nos corps d’armée, l’outes les
autres marchandises renchérissaient en raison des taxes qui les frap
paient directement ou indirectement, ou par suite de mauvaises sai
sons et d’importations difïiciles qui, en haussant considérablement
la valeur du blé, avaient dù nécessairement, d’après leur théorie,
élever aussi le prix de tous les produits. Suivant eux les seuls objets
qui conservassent leur valeur intacte étaient les billets de banque;
et , à ce titre, ils étaient éminemment propres à mesurer la valeur des
autres produits.
Quand la hausse eût été de 100 p. 0/0, on eût encore nié l’influence
de la circulation sur sa marche, et on lui eût encore assigné les mêmes
causes. Cet argument présente, d’ailleurs, toute sécurité, car il ne
peut être réfuté, lorsque la valeur relative de deux marchandises
se modifie, il est impossible de dire avec certitude si l’une s’élève
ou si l’autre fléchit ; de sorte que, si nous adoptions une eirculation
sans étalon, elle pourrait descendre à un degré de dépréciation in- ,
fini. Rien ne démontrerait cette dépréciation, car il serait toujours
facile d’affirmer que la valeur des marchandises s’est accrue et que
la monnaie n’a point baissé.