ŒUVRES DIVERSES.
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SECTION TROISIÈME.
Des imperfections de l’étalon. — Les variations qui tendent à abaisser la valeur de l’éta
lon ne compensent point celles qui l’affectent en sens contraire. — Les règles de toute
monnaie de papier sont d’être en conformité parfaite avec l’étalon.
Tant que notre circulation reste soumise au régime d’un étalon
spécial, les seules variations qui puissent l’atteindre sont celles aux
quelles 1 étalon lui-même est assujetti. Mais aucun remède ne saurait
détruire ces variations, et les derniers événements ont démontré
qu en temps de guerre, a ces épotpies où l’or et l’argent servent à
solder au loin de puissantes armées, elles acquièrent une gravité
dont on n’a pas assez tenu compte en général. Ces conclusions prou
vent seulement que l’or et l’argent ne constituent pas un étalon aussi
parfait qu’on avait pu le penser jusqu’à ce jour, et qu’ils sont eux-
mêmes soumis à des variations qui dépassent sensiblement les limites
dans lesquelles on voudrait renfermer les oscillations du standard
\ (étalon); mais ils n’en sont pas moins les meilleurs types connus.
Si l’on découvrait une matière plus invariable, et qui fût douée d’ail
leurs de toutes les autres qualités qui caractérisent un étalon de la
monnaie, il faudrait s’empresser de l’adopter pour l’avenir; mais
tant que cette fonction sera confiée aux métaux, la valeur de la cir
culation devra se régler sur eux. En elfet, toutes les fois que cet
équilibre n’existera pas, toutes les fois que le prix des lingots sur le
marché dépassera le prix de l’administration, la monnaie sera dépré
ciée. Cette proposition est incontestée et incontestable,
r De graves inconvénients accompagnent l’emploi simultané de deux
\ métaux comme types de notre monnaie ; et on a longuement discuté
pour savoir auquel, de l’or ou de l’argent, la loi devait confier le rôle
/ exclusif ou principal d'étalon monétaire. On a dit en faveur de l’or,
qu’une supériorité de valeur offerte sous un moindre volume le ren
dait éminemment propre à jouer ce rôle dans un pays riche ; mais
cette qualité même est un argument contre son adoption, car elle
l’assujettit à des variations de valeur beaucoup plus ronsidérables
pendant ces époques de guerres et de désastres commerciaux , où il
est si fréquent de le voir amasser et thésauriser. La seule objection
qu’on puisse opposer a l’emploi de l’argent, c’est son volume compa
ratif qui le rend impropre à effectuer les immenses paiements d’une
nation opulente, et cette objection elle-même disparaît devant l’é
tablissement d’une monnaie de papier à titre d’agent général de la