^ OEUVRES RIVERSES.
La loi devrait laisser en mAme temps ¡importer et exporter sans
entraves tous les lingots. Ces opérations sur les lingots seraient
d’ailleurs frès-rares, si la Banque s’attachait à rapporter ses avances
et ses émissions au critérium que j’ai déjà si souvent indiqué ; crité
rium qui consiste dans le prix des lingots au (Ure, indépendamment
delà quantité générale de papier en circulation.
On aurait déjà réalisé une grande partie de mon projet, si l’on
obligeait la Banque à changer contre ses propres billets des lingots
évalués au titre et au prix de la monnaie. On pourrait même, sans
dangers pour la sûreté de ses résultats, l’affranchir de la nécessité
d’acheter toutes les quantités de lingots qui lui seraient offertes aux
prix détermiués, surtout si les ateliers delà Monnaie restaient ouverts
au public.
En effet, cette disposition tend seulement à empêcher que la Mon
naie ne s’écarte de la valeur des lingots d’une différence plus grande
que celle qui sépare si légèrement à la Banque les prix d’achat de
ceux de vente; différence qui serait un degré approximatif vers cette
uniformité tant désirée.
Si la Banque bornait capricieusement le montant de ses billets, ils
hausseraient de valeur, et I or semblerait descendre au-dessous des
limites auxquelles j’ai proposé de fixer les achats de la Banque.
Dans ce cas on le porterait à la Monnaie, et les coins qu’il aurait
servi à frapper, s’ajoutant à la circulation, auraient pour effet d’en
abaisser immédiatement la valeur et de la ramener au taux de l’é
talon. Mais ces moyens n’offrent ni la sécurité, ni l’économie, ni la
promptitude de ceux que j’ai proposés, et auxquels la Banque ne sau -
rait opposer 'd’objection sérieuse ; car il est évidemment dans son
intérêt d’alimenter la circulation avec son papier plutôt que d’obliger
les autres à l’alimenter avec du numéraire.
Sous l’empire d’un tel système, avec une circulation ainsi dirigée,
la Banque serait affranchie de tous les embarras, de toutes les crises.
I>es seules éventualités qui pourraient l’atteindre, sont ces événe
ments extraordinaires qui jettent la panique sur tout un pays, et
font que chacun recherche les métaux précieux, comme le moyen
le plus commode pour réaliser ou cacher sa propriété. — Il n’esi pas
de système qui puisse garantir les banques contre de telles éventua
lités. Leur nature même les y condamne, car, à aucune époque, il
ne peut y avoir dans une banque ou dans un pays assez d’espèces ou
de lingots pour satisfaire aux justes réclamations des capitalistes qui
s’y pressent. Si chacun voulait réaliser le même jour la balance de