Full text: Oeuvres complètes

DE L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CIKCULATION MONÉTAIIŒ. 589 
son compte chez son banquier, ii arriverait souvent que la masse 
îles billets de banque actuellement en circulation ne subirait pas pour 
répondre à toutes les demandes. C’est une panique de ce genre qui 
a déterminé la crise de 1797, et non, comme ou l’a supposé, les fortes 
avances que la Banque avait faites au gouvernement. >i la Ban 
que, ni le gouvernement n’étaient alors coupables. L’invasion sou 
daine des bureaux de la Banque prit naissance dans les craintes 
ebimériques qui émurent les esprits timides : elle eût aussi bien éclaté 
dans le cas où la Banque ii’eùt fait aucune avance au gouvernement 
et où sa réserve eût été double du montant actuel. 11 est même 
probable que, si elle avait continué à payer à bureau ouvert et en 
espèces, elle aurait tué la panique avant d’arriver à l’épuisement de sa 
réserve. 
Si l’on réfléchit à l’opinion des directeurs de la Banque sur les rè 
gles qui gouvernent les émissions de papier, on verra qu’ils n'ont usé 
de leur privilège qu’avec discrétion. 
Il est même evident, qu’animés par des principes arbitraires, ils 
“y ont obéi qu’avec une extrême prudence. — Les termes actuels 
de notre législation leur conservent le pouvoir d’accroître ou de ré 
duire, sans contrôle et dans les proportions qu’ils jugeront conve- 
•‘ables, l’ensemble de la circulation. Un tel pouvoir ne devrait ap 
partenir à aucune association, pas même à l’État; car il ne peut y / 
avoir aucune garantie d’uniformité dans un système où la volonté, 
Kcule des créateurs de la monnaie peut ên décréter l'augmentation | 
un la diminution. La Banque peut réduire aujourd’hui la circulation \ 
aux limites les plus extrêmes ; c'est un fait que ne nieront même Vi 
pas ceux (jui ()cnsent avec les directeurs, qu’ils n'ont pas le pouvoir 
de multiplier à l’infini les signes monétaires. Je suis pleinement con 
vaincu qu'il répugne aux intérêts et à la volonté de la Banque, 
d’exercer ce privilège au détriment du j)ublic; mais à l’aspect des 
maux qui peuvent résulter d’une réduction ou d’une augmentation 
»soudaine des agents monétaires, je ne puis que déplorer la facilité 
avec laquelle l’État a armé la Banque d’une prérogative aussi formi 
dable L 
‘ Le bill de 1844, proposé par Rob. Peel, a opéré une révolution complète dan» 
le système qui régit la Banque d’Angleterre. Le bill, dont la tendance a été discu 
tée dans notre introduction, après avoir été blâmée par les économistes et les li- 
nanciers les plus recommandables de l’Angleterre, est venu montrer une fois de 
plus les dangers qui naissent de l’intervention législative dans les mouvemens
	        
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