Full text : Oeuvres complètes

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CEUVKES  DIVERSES.

Les  diilicultés  auxquelles  étaient  restées  soumises  les  banques  provinciales ­
  avant  la  suspension  des  paiements  en  numéraire  ont  dû
prendre,  à  certaines  époques,  un  caractère  sérieux.  Aux  moindres
symptômes  d’une  crise  réelle  ou  imaginaire,  elles  étaient  astreintes  à
se  pourvoir  de  guinées  et  à  s’armer  contre  les  exigences  des  porteurs.
Elles  faisaient  alors  un  appel  à  la  Banque.  Elles  y  échangeaient
leurs  billets  contre  des  guinées,  qu’un  agent  de  coniiance  transportait ­
  ensuite  à  leurs  frais  et  risques.  Après  avoir  accompli  les
fonctions  auxquelles  elles  étaient  destinées,  les  guinées  revenaient  à
Londres,  et  il  est  fort  probable  qu  elles  retournaient  dans  les  caisses
de  la  Banque  toutes  les  fois  que  ces  déplacements  successifs  n’avaient
pas  eu  assez  d’action  pour  en  diminuer  le  poids  et  les  réduire  audessous
  du  type  légal.
¡Si  l’on  adoptait  le  plan  que  j’ai  proposé  de  payer  les  billets  de

si  délicats  et  si  compliqués  du  commerce  et  de  l’industrie.  La  crise  qui  pèse  encore
sur  la  Grande-Bretagne  etqui  a  retenti  dans  toutes  les  villes  où  se  ramifieson  immense ­
  crédit  est  venue  ajouterencore  à  la  puissance  des  arguments  la  puissance  des
faits.  11  s’est  trouvé  que  ce  système  de  circulation  dont  R.  Peel  a  voulu  faire  le
modèle  et  le  régulateur  de  la  circulation  monétaire,  au  lieu  d’être  un  instrument
^ouple  et  docile,  cédant  à  la  pression  des  événements  et  amortissant  les  secousses
linaucières,  n’a  fait  qu’aggraver  par  son  inllexibilité  les  désastres  qu’il  devait  prévenir, ­
  Obliger  une  institution  de  crédit  à  garder  dans  ses  coffres,—et  au-dessus  de
la  somme  de  14  millions  sterling,  représentée  par  des  engagements  publics  .—une
réserve  en  numéraire  équivalant  au  montant  des  émissions,  c’est  rétrogarder  vers  les
premiers  tàtoimements  de  la  science  des  banques,  c’est  attacher  un  boulet  aux  pieds
de  ce  colosse  qui  est  la  Banque  d’Angleterre,  et  ce  boulet,  pour  être  d’or  et  d’argeut,
  n’en  est  pas  moins  lourd,  moins  difficile  à  remuer.  De  plus,  c’est  paralyser
les  effets  de  l’escompte  au  moment  même  où  l’escompte  devient  le  plus  nécessaire, ­
  c’est-à-dire,  quand  les  agents  de  circulation  sont  rares  et  précieux.  Forcés
de  tenir  en  disponibilité  perpétuelle  de  grandes  masses  métalliques,  les  directeurs
de  la  Banque  ont  dû  en  élever  la  valeur  sur  le  marché  :  et  tandis  qu’ils  augmentaient, ­
  par  une  concurrence  formidable,  l’iusuflisauce  de  la  monnaie,  ils  resserraient ­
  leurs  émissious.  C’est  ainsi  qu’on  les  a  vus  élever  graduellement  le  taux
de  l’escomptede4  à  4  1/2,  à  5,  à  6  1/2,  retirant,  renchérissant  le  secours  au
moment  où  il  devenait  indispensable  :  c’est  ainsi  que  des  faillites  répétées  ont
consterné  le  monde  commercial  par  des  passifs  gigantesques  :  c’est  ainsi  que  le
gouverneur  de  la  Banque  lui-même,  M.  Robinson,  a  vu  sa  fortune  s’écrouler
dans  le  désastre  général  ;  enfin  c’est  ainsi  que  le  credit  étouffé  sous  le  réseau  soidisant
  protecteur  de  R.  Peel,  et  qu’on  a  pu  lire  la  vigoureuse  protestation  rédigée ­
  par  lord  Ashburton,  ancien  chef  de  la  maison  Baring,  contre  un  système
où  la  réalité  vivante  se  trouve  sacrifiée  à  de  froides  abstractions.  Le  bill  de  1H44
ne  résistera  pas  à  tant  de  justes  attaques,  et  nous  comptons  sur  sa  prochaine
modification.  ^
            
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