DK L’ÉTABLISSEMENT D UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 591
banque en lingots, il faudrait étendre ce privilège aux banques pro
vinciales ou donner aux bank noies le caractère de monnaie légale.
— Dans ce dernier cas, on se trouverait n’avoir introduit aucun
changement dans la législation qui régit ces établissements ; car ils
seraient alors sollicités, comme aujourd’hui, à rembourser leur papier
en billets de la Banque d’Angleterre.
Ce système, en nous permettant de ne pas exposer les guinées au
frottement et à la diminution de poids qui résultent de déplacements
multipliés, en nous alfranchissant aussi de tous les frais de trans
ports, nous procurerait déjà une économie considérable ; mais l’avan
tage qui en résulterait, pour la marche des petits paiements, serait
bien plus sensible encore. En eilet la circulation de Londres et des
provinces s’eüectuerait alors au moyen d’un agent à bon marché, le
Papier y et délaisserait un agent onéreux. Vor ; — ce qui enrichirait le
pays de tous les bénélices que peut produire l’or abandonné. Il se
rait doue insensé de renoncer à de tels avantages, à moins (tue l’on
Ri* découvrit dans l'emploi d’un agent à bas prix des inconvénients
manifestes.
Du a déjà beaucoup écrit, habilement et savamment écrit sur les
bienfaits qui résultent pour tout pays d’un régime de lil)erté com
merciale, qui brise toutes les entraves et laisse a la volonté de 1 hom
me le soin d appliquer scs talents et de féconder ses capitaux. JjCs
arguments qui servent de base à (jette doctrine sont même si puissants,
que chaque jour ils créent de nouveaux prosélytes, et je me réjouis
des progrès que faitee graud principe parmi ceux qui smnblaient de-
'uirsecraiiqKuincr le plus énergiquement aux vieux préjugés. La ma
jorité des pétitions adressées au parlement contre le bill des céréales
a reconnu les avantages d’un commerce libre ; mais jamais ces
avantages n’ont été aussi vigoureusement proclamés que par les la-
bricanls de drap du Gloucestershire. Ils se montrèrent même si plei-
Rcnieut convaincus des vices de la prohibition, qu ils oil ri rent de re-
uoiicer à toutes les restrictions qui protègent leur industrie. Ce sont
•à des doctrines qu’on ne saurait trop propager ni trop généralement
adopter dans la pratique. Si les nations étrangères ne sont jms encore
assez éclairées |)Our embrasser ce nouveau système ; si elles main-
fmmient les prohibitions et les droits excessifs qui frappent nos inar-
Rbaudises et nos produits manufacturés, que l’Angleterre leur donne
Un bel exemple et l’inaugure à son profit ! Au lieu de répondre a
leurs prohibitions par des prohibitions réciproques, quelle s appli-