592 OEUVRES DIVERSES.
que à eüacer aussi promptement que possible les vestiges d’une poli
tique aussi nuisible et aussi absurde.
I.es avantages ünaiiciers qui résulteraient d’un tel système condui
raient bientôt les autres gouvernements à suivre les mêmes errements,
et l’on ne tarderait pas a voir s’accroître la prospérité générale sous
rinlluence d’idées qui pousseraient chaque nation dans la voie la plus
favorable à ses capitaux, à ses talents, à son activité.
Quelque avantageuse que soit cependant la liberté du commerce, il
faut admettre que dans certaines circonstances, bien rares à la véri
té , l’intervention du gouvernement peut être salutaire. Après avoir
démontré, dans son bel ouvrage sur l’Économie politique \ tous les
bienfaits de la liberté du commerce, M. Say observe que l’interven
tion du gouvernement n’est légitime que dans deux circonstances :
premièrement, pour prévenir une fraude; secondement, pour certifier
un fait. Les examens auxquels sont soumis les médecins justifient cette
intervention ; car il est nécessaire au bien-être de tous que la science
des hommes appelés à réprimer les désordres de notre organisation
soit vérifiée et constatée. Un en peut dire autant de l’empreinte que
les gouverneinens gravent sur la vaisselle et sur la monnaie; elle tend
à prévenir la fraude, et elle nous dispense d’avoir incessamment re
cours dans nos transactions à des procédés chimiques diliiciles. Les
mêmes raisons ont conduit à faire examiner la pureté des drogues
vendues par les chimistes et les apothicaires. Dans toutes ces circon
stances, on suppose que les acheteurs ne possèdent pas ou ne sont pas
susceptibles de posséder les connaissances qui doivent les garantir de
la fraude : le gouvernement intervient alors pour faire ce qu’ils ne
I sauraient faire eux-mêmes.
^ Mais s’il est nécessaire de protéger le public contre des monnaies
de bas aloi, en marquant d’un signe légal tousles agents métalliques,
cette protection ne devient-elle pas encore plus essentielle, lorsque
l’ensemble ou la majeure partie de la circulation se compose de papier?
i\ est-il pas étrange que le gouvernement s’applique à éviter à la so
ciété la perte d’un seul shilling dans une guinée, et que sa sollicitude
cesse au moment où il faut la protéger contre la perte des vingt shil
lings représentés par un billet d’une livre? Dans le cas spécial de la
Banque d’Angleterre, le gouvernement a affecté une garantie à ses
émissions ; de sorte que l’imprudence de ses directeurs ne pourrait