Full text: Oeuvres complètes

DE L’ÉTABI.ISSEMENT D’UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 593 
atteindre les porteurs des bank-notes que dans le cas où son capital 
entier montant à 11 millions et demi serait déjà épuisé. Pour 
quoi n’a-t-on pas suivi le même principe à l’égard des banques pro 
vinciales? Quelle raison s’oppose à ce qu’on oblige ceux qui prennent 
pour mission d’alimenter la circulation monétaire, à verser entre les 
uiains du gouvernement un dépôt proportionnel qui doit garantir 
l’accomplissement sérieux de leurs engagements ? Par l’emploi de la 
monnaie chacun devient commerçant. Ceux que leurs habitudes et 
leurs travaux éloignent du mécanisme commercial sont eux-mêmes 
astreints à l’usage de la monnaie, et sont cependant peu propres à 
apprécier la solidité des différentes banques dont le papier circule. 
Aussi voyons-nous que les propriétaires de revenus fixes , les fem 
mes, les travailleurs de toutes les classes ont souvent à souffrir de 
oes désastres dont le nombre s’est accru , pour les banques provin 
ciales, dans des proportions inconnues jusqu’ici. Je ne suis pas porté 
à juger impitoyablement ceux qui ont provoqué tant de ruines et 
de désastres au sein des classes moyennes et inférieures; mais l’esprit 
le plus indulgent doit cependant avouer qu’il faut avoir bien abusé 
des ressorts du crédit pour qu’une banque, possédant même la plus 
médiocre réserve, en vienne à manquer à ses engagements. L’exa 
men de la plupart de ces faillites démontrerait, je pense, qu’on pour- 
Oftit qualifier les actes des intéressés par des termes plus sérieux 
ffue ceux d’imprudence et d’audace. 
Il serait nécessaire de protéger le public contre ces tristes éven 
tualités, en obligeant toutes les banques de province à déposer entre 
las mains du gouvernement ou de commissaires élus a cet effet, une 
quantité de rentes sur l’État ou d’autres effets publics proportionnés 
uu montant de leurs émissions. 
Il est inutile d’entrer minutieusement dans les détails d’un tel pro 
jet. Ainsi on pourrait délivrer , sur la remise du dépôt, tous les tim 
bres qui serviraient à l’émission des billets. A certaines époques de 
l’année, fixées avec soin, on restituerait tout ou partie du dépôt aux 
établissements qui prouveraient, par le renvoi des timbres annulés ou 
par tout autre moyen satisfaisant, que les billets auxquels ils ser 
vaient de garantie n’appartiennent plus à la circulation. 
Ces mesures n’éprouveraient aucune opposition de la part de cel 
les des banques provinciales qui jouissent d’une haute réputation, 
biles en recevraient au contraire un accueil favorable, puisqu elles 
préviendraient la concurrence de ces établissements qui sont si peu 
/lignes de figurer avec elles dans la carrière du crédit. 
{OEuv. de Ricardo.) 
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