DE L'ÉTABLISSEMENT D’UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 595
de parler. En effet, sous un régime où le mode des paiements s est
perfectionné, la quantité des agents monétaires a pu être sensible
ment réduite; et le retrait d’un million ou deux doit produire
des conséquences beaucoup plus sérieuses, puisqu il enlève propor
tionnellement une fraction beaucoup plus considérable de la cireu-
lation générale.
Toutes les opinions se réunissent, je pense, pour reconnaître la
gravité des désordres que provoquent au sein de l’industrie et du
commerce ces détresses monétaires périodiques; mais la même unani
mité n’accueillera peut-être pas le remède que je propose ici :
Que le gouvernement autorise la Banque à délivrer aux rentiers
leurs mandats d’arrérages quelques jours avant l’époque où les rece-
'^urs généraux sont tenus d’effectuer le versement de leurs balances
ä rÉchiquier ;
Que ces mandats soient payables au porteur dans les mêmes for
mes qu’aujourd’hui ;
Que le jour destiné au paiement de ces dividendes en billets de
banque demeure fixé comme il 1 est actuellement : et, à cet égard, il
serait plus convenable que l’on indiquât la date des paiements avant
^u sur la remise des coupons ;
Enfin que les receveurs généraux et tous les autres débiteurs
de l’Échiquier soient admis à acquitter leurs paiements avec ces
mandats comme avec des billets de banque, mais en supportant,
1 escompte du nomlire de jours qu’ils auraient à courir avant 1 é-
ebéance.
ba réalisation d’un projet semblable ferait disparaître sans retour
la pénurie d’argent qui précède la répartition des intérêts et la sur
abondance qui la suit. Le service de la rente n’augmenterait ni ne
diminuerait alors la quantité de monnaie en circulation ; par le seul
ressort de l’intérêt privé, la plupart des mandais d’arrérages arri
veraient aux mains des débiteurs de l’Etat, pour, de là, être versées
dans le Trésor. De cette manière la majorité des recettes et des paie
ments du gouvernement pourrait s’effectuer sans le secours des
^(ink-noles et de la monnaie, et l’on éviterait une accumulation d’agens
nmuétaircs qui retombe toujours d’une manière sévère sur les classes
commerçantes.
Ceux qui sont familiarisés avec le système économique que nous
poursuivons à Londres par l’intermédiaire des combinaisons e a
banque, comprendront aisément que le plan propose ici se lorne a
étendre ce même système à un genre de paiements auque i n a pas