DE L’ÉTABLISSEMENT D’UNE CIRCULATION MONÉTAIRE. 603
Certes, après tout ce qui a remué ce sujet depuis 1800 , nous
avons lieu d’ètre étonnés devant d’aussi étranges pretentions : nous
avons lieu de nous récrier lorsque la Banque déclare, pour la pre
mière fois . que sa charte d’incorporation interdit au public toute
demande tendant à le faire participer aux avantages que lui pro
duisent les dépôts publics.
La charte de la Banque a été renouvelée en 1800 pour vingt et un
ans, à partir de son expiration en 1812; elle doit donc se protenger
jusqu’en 1833. Mais la Banque a si peu été convaincue du privilège
exclusif qu’elle réclame sur le bénéfice des dépôts publics depuis
1800; elle a si peu revendiqué ce droit depuis lors, qu’eu 1800 elle
prêta au gouvernement 3,000,000 jusqu’en 1814, et à un intérêt de
3 p. 0/0; en 1808, elle avança encore 3,000,000 1. à titre gratuit
jusqu’à l’expiration de la guerre, et, dans sa dernière session, le par
lement prorogea le prêt de 3,000,000 1. jusqu’en avrü 1816. Ces
avances ont même été expressément accordées eu raison de 1 accrois
sement des dépôts publics.
En parlant du prêt de 3,000,000 1. fait au public en 1806 à 3
P- 0/0 d’intérêt, le comité des dépenses publiques dans son rapport
de 1807, auquel j’ai déjà fait appel, s’exprime ainsi :
« Mais cette convention acquiert, sous un autre point de vue, une
“ véritable importance. Elle prouve jusqu’à l’évidence que, m les
» délégués du public ni les directeurs de la Banque eux-mêmes n’ont
" envisagé ce contrat mutuel comme un obstacle devant lequel s’ar-
" rêteraieiit toutes les réclamations ; elle prouve que, dans le cas où
" cette prétention serait lè(jilime et convenable, le public ii a pas ab-
" diqué le droit d’entrer en participation avec la Banque pour les
“ bénéfices qu elle retire de leurs rapports mutuels. »
Et puis, quel est le langage de M. Perceval à la même époque, dans
nn moment où il se fondait sur ce rapport pour demander et ob
tenir un prêt de 3,üüü,üüü 1. jusqu’à la lin de la guerre? Bans sa
lettre au gouverneur et au sous-gouverneur de la Banque, lettre datée
du 11 janvier 1808, il dit : « Je crois devoir ajouter quelques observa
tions à la proposition que j’ai faite de limiter à la présente guerre et
aux douze mois qui en suivront l’extinction, la durée de l’avance que
tantes ont fait concéder à la Banque le privilège de banquier
toute la durée de la charte, et que tout nouvel arrangeineut est par e ai j
à l’expiratiou de ce contrat.