Full text : Oeuvres complètes

6á4  ŒUVRES  DIVERSES.
avait  été  indiquée  par  sir  James  Mauslield,  et  depuis  lors  aucun  actionnaire ­
  ne  s’était  encore  élevé,  jusqu’à  la  dernière  assemblée  générale, ­
  pour  continuer  son  œuvre.  Lin  lait  bien  remarquable,  c’est  que
dans  la  séance  même  du  19  mars  1801,  où  la  proposition  de  M.  Allardyce
  lut  faite  et  rejetée,  on  mit  aux  voix,  à  la  grande  surprise ­
  des  actionnaires,  un  boni  de  5  p.  ü/q  qui  fut  distribué  en  obligations ­
  5  p.  Ü/o  de  la  marine.  La  première  motion  de  M.  Allardjce
date  de  l’assemblée  générale  tenue  le  14  décembre  1797,  et  dès  le
mois  de  mars  1799  ou  répartit  en  5  p.  ü/o  appartenant  à  la  création
de  1797,  un  boni  de  10  p.  O/q.  Je  ne  pense  pas  que  M.  Allard)ce
ait  renouvelé  sa  requête  de  décembre  1797  à  mars  1801.
Depuis  1797  les  actionnaires  ont  donc  complètement  ignoré  le  cours
des  affaires  de  la  Banque.  Les  directeurs  ont  pu  jouir  pendant  un  espace ­
  de  dix-huit  années  et  sous  l’égide  du  silence  de  leurs  fertiles  opérations. ­
  ils  peuvent  penser  aujourd’hui  que  les  intérêts  de  la  Banque
réclament  la  prolongation  de  ce  système,  et,  qu’à  la  veille  de  nouveaux ­
  arrangements  avec  l’Ltat,  il  peut  être  utile  de  cacher  le  montant ­
  des  bénélices  en  réserve.  Mais  l’attention  publique  s’est  dernièrement ­
  lixée  sur  les  aÜaires  de  la  Banque,  et  l’on  commence  à  scruter
et  à  comprendre  la  marche  de  ses  prolits.  La  publicité  ne  peut  plus
être  que  favorable  à  la  Banque,  car  on  a  déjà  répandu  des  aperçu
exagérés  sur  ses  bénélices,  et  ces  aperçus  ont  soulevé  des  prétentions ­
  exorbitantes  qu’il  importe  de  rectilier  au  moyen  de  documents
oliiciels.  D’ailleurs,  le  privilège  de  la  Banque  lui  a  été  assuré  pour
dix-sept  ans  encore  ;  d’ici  là,  la  partie  la  plus  lucrative  deses  opérations ­
  demeure  interdite  aux  réclamations  du  public.
Si  la  charte  touchait  eüectivement  à  son  terme,  le  pays  aurait  le
droit  de  discuter  la  valeur  d’un  système  qui  décerne  à  une  société  de
négociants  tous  les  avantages  attachés  au  privilège  exclusif  démettre
la  monnaie  de  papier  d’une  nation.  Lu  face  des  cruelles  expériences
subies  par  d’autres  États,  les  esprits  répugneraient  sans  doute  a  couber
  un  tel  pouvoir  au  gouvernement  j  mais  dans  un  pays  libre  il  est
permis  d’espérer  qu’on  trouverait  les  moyens  nécessaires  pour  réaliser ­
  cette  bienfaisante  réforme  et  pour  soustraire  la  circulation  a
rinllueuce  des  ministres.
On  peut  envisager  la  monnaie  de  papier  comme  produisant  un
seigueuriage  équivalant  à  la  totalité  de  sa  valeur  échangeable.  Or,  le
seigueuriage  appartient,  dans  tous  les  pays,  au  gouvernement,  et
avec  des  garanties  de  remboursement,—  telles  qu’ellesont  été  énumérées ­
  dans  la  première  partie  de  cet  écrit,  —avec  la  nomination  de
            
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