Full text : Oeuvres complètes

ŒUVRES  DIVERSES.

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somme  de  travail  à  une  production  égale.  Mais  ils  ajouteraient  que
CCS  droits  sont  nécessaires  pour  soulager  le  fermier  du  poids  des
hauts  salaires  qui  naissent  dans  notre  pays,  à  la  suite  des  impôts,  car
la  société  prélève  sur  les  classes  laborieuses  une  richesse  qu’il  faut  leur
restituer  sous  forme  de  hauts  salaires.  Cet  argument  repose  sur  l’opinion ­
  que  des  salaires  élevés  tendent  constamment  à  augmenter  le  prix
des  marchandises  auxquelles  on  applique  le  travail.  Si  le  fermier,
disent-ils  alors,  pouvait  lutter  avec  les  cultivateurs  étrangers,  à  une
époque  où  les  impôts  et  les  hauts  salaires  qui  en  sont  la  suite  n’existaient ­
  pas,  il  doit  succomber  aujourd’hui  puisqu’il  a  à  supporter  un
fardeau  dont  son  compétiteur  est  affranchi.
Cet  argument  n’est  que  captieux.  La  hausse  des  salaires  n’introduit, ­
  dans  sa  position,  aucun  élément  d’infériorité  relative.  Si,
comme  tout  l’indique,  les  impôts  (|ui  pèsent  sur  les  classes  laborieuses ­
  élèvent  le  taux  des  salaires;  cette  augmentation  s’étend  également
à  toutes  les  classes  de  producteurs.  Si  l’on  croit  nécessaire  et  légitime
que  le  blé  hausse  pour  récompenser  les  eflorts  du  cultivateur,  on
doit  aussi  vouloir  que  le  drap,  les  chapeaux,  les  souliers,  en  un  mot,
toutes  les  autres  marchandises  renchérissent  de  manière  à  récompenser ­
  leurs  producteurs.  11  faudra-donc  que  le  prix  du  blé  reste  immobile ­
  ou  que  celui  de  tous  les  autres  objets  s’élève  avec  lui.
Si  la  hausse  n’agit  ni  sur  les  céréales,  ni  sur  les  autres  marchandises, ­
  elles  auront  nécessairement,  toutes,  la  même  valeur  relative;  si,
au  contraire,  elles  renchérissent  à  la  fois,  la  proportion  conserve  le
môme  degré  de  vérité.  11  faudra  appliquer  les  droits  protecteurs  à
toutes,  ou  les  refuser  à  toutes.  Les  appliquer  à  toutes  les  marchandises ­
  serait  absurde,  car  on  n’obtiendrait  aucun  résultat  possible,  (ni
n’influerait  en  rien  sur  la  valeur  relative  des  marchandises;  or,  c’est
seulement  en  modifiant  ces  rapports,  que  l’on  arrive  à  [»rotéger  tel  oU
tel  commerce,  et  non  en  altérant  le  taux  des  prix.  Si  l’Angleterre
échange  avec  l’Allemagne  une  aune  de  drap  superfin  contre  un  quaf'
/cr  de  froment,  une  hausse  simultanée  de  20  p.  0|0  dans  le  prix  du
blé  et  (lu  drap  ne  lui  fera  rechercher  ce  commerce  ni  avec  plus  d’ardeur, ­
  ni  av(*c  plus  d’indiflérence.  l’out  commerce  extérieur  se  résout  eu
définitive  par  un  échange  de  marchandises.  La  monnaie  n’est  que
l’instrument,  la  mesure  qui  sert  à  en  fixer  les  quantités  respectives.
Toute  importation  suppose  une  exportation  correspondante;  et
prix  de  la  marchandise  exportée  doit  nécessairement  s’élever  dans  le
même  rapport  que  les  salaires.  Si  l’article  importé  est  garanti  par  uu
droit,  celui  que  l’on  exporte  a  droit  immédiatement  à  un  draw-back-
            
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