(1EUVI{ES DIVERSES.
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par rabondance, et le surplus de sa production s’écoulerait au dehors.
Mais sous un régime de droits protecteurs ou prohibitifs, la baisse, quß
déterminent une ou plusieurs années d’abondance, a le temps de sévir
contre le cultivateur et d’entamer sa ruine avant le jour où il peut se
relever par l’exportation. M. AVebb Hall a proposé d’établir à Tin*'
portation un droit fixe de 40 sh., qui représente, selon lui, ladilîéreuce
du prix naturel du blé en Angleterre et dans les autres pays à céréales*
Si nous adoptions sa proposition et ses donncés, il faudrait que dans
toutes les circonstances d’une belle récolte, le prix du blé tombât
de 40 sh. avant qu’il pût y avoir avantage à l’exporter sur le conti
nent. Eh bien, cette baisse est tellement considérable, que si les fer
miers avaient à la subir, il leur serait impossible d’acquitter leurs ren
tes dans les années abondantes sans s’imposer d’énormes sacrifices-
La même observation s’applique aux lois qui prohibent l’impor
tation jusqu’à ce que le prix ait atteint 80 IL L’effet immédiat
de cette législation est d’élever habituellement le prix de nos bles
bien au-dessus de celui des autres pays. C’est pourquoi il faut qnC;
dans l’éventualité d’une riche moisson, nos prix soient graduelle
ment descendus au-dessous delà limite étrangère avant que le culti
vateur puisse chercher dans l’exportation le moyen de racheter ses sa
crifices. Sous ce point de vue, ses effets se confondent entièrement avc^
ceux que nous avons déjà reconnus pour les droits fixes et élevés.
Mais la législation actuelle renferme un autre vice capital qui n’exia-
te pas dans le système des droits fixes. Lorsque létaux moyen dufe^'
ment a atteint 80 sh. par quarter, nos ports s’ouvrent pour trois niC*
à une importation illimitée et libre de tous droits. Cette faculté d’^
roulement doit exercer une immense influence sur le continent où 1*
moyenne des prix est d’environ 40 sh. ; et la tentation qu’elle y insp''
re, pendant les trois mois de franchise, doit nécessairement ame»^*^
l’importation de quantités énormes.
L'influence de ces mesures survit à la fermeture de nos ports ,
s’exerce bien au delà des trois mois de liberté commerciale. Penda**^
toute sa durée, les cultivateurs nationaux et étrangers sont pla^^^
dans un état de libre concurrence, qui doit se résoudre ¡)ar la ruine de^
premiers. En effet, quelle est la situation de nos producteurs? Eneoü
ragés par l’action des droits protecteurs, ils ont appliqué leurs e»
pitaux aux terrains les plus pauvres de notre pays, là où des produit^
' Nous avons exposé dans un chapitre précédent l’état actuel de la legislaba"
sur les céréales. A. F.