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OEUVRES DIVERSES.
N’y voyous-iious pas les effets qu’une légère surabondance peut pro
duire sur le prix des céréales? Queln’eùt pas été l’encombrement de
nos marchés, si l’Angleterre eût habituellement accru sa production
d’une quantité additionnelle destinée à la consommation étrangère ?
Aurions-nous eu , dans ce cas, le triste courage de nous termer vo
lontairement les marchés étrangers et d’exposer nos fermiers et nos
propriétaires à une ruine générale ? Je suis sûr que nous ne le fe
rions pas, même en temps de guerre. Quelque énergie que l’on puisse
accorder aux sentiments d’hostilité qui animent les peuples au moment
delà lutte; quelque désir que nous puissions avoir de torturer un en
nemi en lui enlevant ses moyens de subsistance, je suis persuadé que
nous renoncerions à exercer notre vengeance à de telles conditions.
Or, si telle serait notre politique , soyons persuadés que telle serait
aussi dans les mêmes circonstances la politique des autres peuples, et
que nous n’aurions jamais à souffrir de la privation de nos approvi
sionnements extérieurs.
Tous nos raisonnements conduisent donc au même résultat. U*’
nous indiquent que tout en tenant compte des droits acquis, il /uni
introduire aussi promptement que possible nue sage liberté dans h"
commerce des céréales. Le bienfait de cette mesure s’étendrait à lu
fois au fermier, au consommateur, au capitaliste. Ht tout en admet
tant que la moyenne des rentes en argent pût être plus élevee sous un
régime de droits restrictifs , j’observerai que rien ne garantirait lu
solvabilité indélinie des tenanciers, et que l’intérêt bien entendu des
propriétaires doit les amener luîcessairemeiit a subslituei dts pii
lixes et des rentes précises à des prix mobiles et a des rentes dont l^
service s’effectue sans régularité.