Full text: Oeuvres complètes

738 ŒUVRES DIVERSES. 
en un seul paiement, I million versé annuellement et 1,200,000 l. st. 
servis pendant 45 ans, ont exactement la même valeur : mais l’in- 
fluence que ces systèmes exercent sur la gestion des fortunes indi 
viduelles diffère sensiblement. Nous sommes, en général, trop portés 
à croire que les maux de la guerre se réduisent aux taxes qu’on est 
obligé d’ac([uitter immédiatement, sans souci de la durée probable de 
CCS taxes. Userait même difficile de persuader à un bomme qui possè 
de 20,0001. st. ou toute autre somme, qu’une contribution perpétuelle 
de 501. est aussi lourde qu’une seule taxe de 1000 1. st. Il y aurait 
en lui je ne sais quel vague instinct lui disant que les 501. st. seraient 
payées par la postérité : et en effet, ses héritiers auraient à supporter 
cette charge. Mais je demanderai alors quelle différence il y aurait 
pour ceux-ci à recueillir une succession de 20,000 1. st. grevée d’une 
dette annuelle de 50 1. st., ou une suceessionde 19,0001. si. franche 
d’impôts? Ces vues consolantes sur l’avenir sont devenues des argu 
ments entre les mains de personnes très-éclairées d’ailleurs; mais 
nous avouons qu’elles nous semblent inadmissibles. On dira peut-être 
qu’il faut laisser une part à l’imprévu dans le mouvement des choses 
sociales; que la fortune du pays peut s’accroître, et qu’une portion 
de cette nouvelle richesse servira à acquitter les impôts et à soulager, 
par conséquent, nos budgets actuels. Il se peut sans doute que l’ave 
nir nous réserve des progrès ; mais il se peut aussi que notre lortuue 
diminue, que les capitalistes émigrent d’un pays aussi lourdeincul 
imposé, et que le poids soit trop lourd pour ceux qui n’auront pas fu» 
leur patrie. D’ailleurs il n’est personne qui n’ait observé la différence 
que l’opinion établit, en général, entre une taxe annuelle de 5D 1. si. 
et une taxe définitive de fOOO 1. st. Si un individu était oblige de 
payer lOüO 1. st. pour rmcomc /ax (taxe sur les revenus), il s’efforce 
rail sans aucun doute d’épargner la totalité de cet impôt sur son re 
venu annuel : ce qu’il ne ferait certainement pas, s’il n’avait qu ‘‘ 
pourvoir à l’intérêt d’un emprunt au moyen d’un versement an 
nuel de 50 1. st. Les taxes de guerre sont donc plus économiques en 
ce (¡u’elics provoquent un effort de la part du contribuable, qui dm 
ehe à maintenir son capital intact, tandis que le système des on 
prunts ne détermine qu’un effort proportionné a l’intérêt des dépen 
ses additionnelles de la guerre, ce «qui fait que le capital national 
trouve entamé. L’objection que l’on fait le plus habituellement aiix 
taxtis de guerre est que les manufacturiers , les commerçants, qi^ 
n’ont jamais à leur disposition de fortes sommes , ne pourraient 
payer que difficilement. iNous croyons , pour notre part, qu ils
	        
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