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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 175
potence, un essaim d’enfants qui s’ébattaient joyeusement. Il fit arrêter sa
voiture, et leur dit :
— Mes enfants, vous n’avez donc pas peur de ce vilain squelette?
— Et pourquoi en aurions-nous peur? lui répondirent-ils, c’était notre
père!...
Avant 18 48, on avait pris en Hongrie d’énergiques mesures contre le
brigandage. La police ordinaire, les belduques, les gendarmes et les Pan-
dours des combats, étaient spécialement chargés de les poursuivre. Dans
les combats trop inquiétés, on avait, en outre, les « persecutores » ou
chasseurs de brigands, qui, les jours de foire et de marché, s’y rendaient
sous un déguisement quelconque. En temps ordinaire, ils étaient à cheval
et vêtus d’un uniforme qui variait dans chaque combat; il y a à peine une
génération, on les voyait encore, en Syrmie, revêtus d’une cuirasse et
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aimes dune lance. Le handagny, dans la Basska (Hongrie méridionale),
portait un fokoch (bâton à hache), deux pistolets et un lazzo pour arrêter
les fuyards.
Ce qui manque aujourd’hui à la gendarmerie et aux Pandours, c’est la
connaissance du pays. Ils s adressent souvent, pour avoir des renseigne
ments, a ceux-là mêmes qu’ils sont chargés d arrêter.
Lcui uniforme ne sert du reste qu’à mettre les brigands sur leurs
gai des. La foiêt de Bakony surtout a été fatale à ces malheureux agents de
la foi ce publique. Cachés dans des ravins, derrière des arbres, les brigands
les tuaient comme les chasseurs tuent le gibier à l’affût.
N est ce pas dans cette forêt de Bakony, la plus vaste de Hongrie, et
que je devrai traverser en allant de Füred au Danube, que Sobry se cachait
avec sa bande ?
Sobiy était partout ; il avait le don de l’ubiquité; mais ses tours les
pins audacieux, il les exécutait avec un seul compagnon. Ce fameux brigand
( but, dit-on, le fils unique d’une très-ancienne et très-noble famille, la
lamille de Y... D’un tempérament fougueux, exalté, il disparut tout a coup