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merits subits, ses frémissements, ses colères et ses apaisements mélancoliques.
Attirés par la musique et le bruit, de nouveaux couples arrivaient, déposaient
à terre leurs sacs, et, gravement, sans échanger un mot, se mêlaient
aux danseurs. Bientôt l’unique salle de l’auberge fut encombrée, et l’hôtesse,
qui se tenait derrière ses tonneaux, ne sut plus où donner de la tête.
La domestique qui servait à boire devait danser avec ceux qui n’avaient pas
de danseuse.
Les mendiants décoraient le seuil de la porte, immobiles et grimaçant
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Groupe de mendiants hongrois.
comme des cariatides. Pour avoir une idée complète du tableau, figurezvous
l’intérieur de l’auberge : les poutres soutenant le toit, saillantes,
noires, massives, enfumées; les murs de terre glaise, fendus et menaçant
ruine; des chaises écloppées devant des tables boiteuses, luisantes de
crasse ou de graisse; dans un coin, à terre, un seau d’eau, un panier
d ordures et un balai ; et sur un misérable feu une marmite qui essayait de
se chauffei, et quelques haillons, des manteaux en loques, des pantalons
d une couleui indéfinissable, suspendus dans le fond, derrière une espèce de
comptoir, à des chevilles de bois, comme ces hardes informes, dépouilles
du suicide ou du meurtre, qu’on voit à la Morgue.
La journée s’avançait, il était temps de repartir. Vers les cinq heures,
nous remontâmes en voiture pour retourner à la puszta.
— Voici une maison qui a un aspect bien étrange, dis-je à M. L... en lui