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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 
Je ses rayons. Le ciel était d’un bleu intense, ardent, d’un de ces bleus de 
saphir qui réchauffent et font palpiter dans la lumière les choses les plus 
communes et les plus froides. 
Du Blocksberg, je descendis au château de Bude. 
Que de drames, que de scènes émouvantes se sont passés là, depuis la 
première construction de ces murailles sous le règne des Arpad, en 1015, 
jusqu’à la restauration du château, en 1771, par Marie-Thérèse! 
En 1302, lorsque le légat du Pape, Nicolas d’Ostie, convoqua un synode 
en faveur du prétendant Charles d'Anjou, les bourgeois de Bude se révol 
tèrent et chassèrent l’envoyé papal. 
En 1396, le connétable d Eu, à la tête de ses mille cavaliers, le grand 
maître de l’ordre de Saint-Jean, l’électeur du Palatin at, le bailli de Nurem- 
ber S, se rencontrèrent dans ce château, et, avant de marcher contre les 
J ures, suspendirent, comme une pieuse offrande, leurs boucliers aux murs 
del église Saint-Nicolas. 
Le jeune comte de Ne vers y reçut du roi l’accolade de chevalier. Sigis— 
moud, élu empereur du Saint-Empire, fit venir de Paris deux cents artistes 
et ouvriers pour agrandir et décorer sa résidence. 
Le gentilhomme Bertrandon de la Bructière, écuyer de Philippe le Bon, 
duc de Bourgogne, s’arrêta à cette époque à Bude en revenant de Palestine. 
Sous le règne du roi Mathias Corvin, le château de Bude s’embellit encore ; 
les appartements se remplirent d’objets d’art, de peintures à fresque comme 
les palais de Pompéi et de Borne; le marbre et l’argent furent prodigués; 
les statues de bronze peuplèrent les jardins ; les sources et les jets d’eau 
égrenèrent leurs diamants liquides dans des vasques d’agate et de jaspe; 
Mathias fit également construire un escalier tout en porphyre. Il avait l’in 
tention de jeter sur le Danube un pont de marbre, comme le pont de 
Trajan. 
La célèbre bibliothèque à laquelle ce roi donna son nom occupait deux 
grandes salles voûtées, et était surtout riche en manuscrits arabes, grecs, 
hébraïques, syriaques et clialdéens. 
Mathias employait trente copistes pour transcrire ces précieux manu 
scrits, qu’il faisait ensuite imprimer à Florence; plus tard, il installa une 
presse, — la première qu’on vît en Hongrie, — dans son palais même. Le 
Meux hélix de Raguse lut nommé directeur de 1 imprimerie royale. 
dire que la Hongrie ne passa point par le régime féodal proprement dit, puisque la souveraineté 
absolue lut toujours exercée par le roi, au lieu d’être émiettée en mille parcelles aux mains des 
grands vassaux, et par la Diète et les combats, composés d’hommes libres.
	        
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