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L'INDUSTRIE COTONNIÈRE EN ALLEMAGNE
de terre, légumes, avec saucisses ou viande, et du pain.
Chaque table de 9 convives reçoit une soupière en métal
émaillé contenant 10 litres de soupe. Ceux qui désirent
quelque chose en plus doivent le payer, selon un tarif
extrêmement réduit. Tout alcool est sévèrement interdit.
Le matin, en rentrant, il leur est servi du café au lait
avec pain. Puis, ils sont libres jusqu’à8 heures 1/2. Entre
7 heures et 8 heures, les salles d’école sont ouvertes à
ceux qui veulent profiter de celte heure pour s’instruire;
on leur apprend à lire, à écrire et à calculer. Mais à
8 heures 1/2 il faut que tout ce monde soit au lit et ne
bouge pas des chambres avant 4 heures de l’après midi ;
soit un repos de 7 heures 1/2, minimum.
Ainsi qu’il a été dit, ils gagnent par jour 2 marks 50
(3 fr. 12), Pour leur nourriture et logement, blanchis
sage, on leur retient 2 marks 50 par semaine. Toutefois,
le repas du dimanche à midi n’est pas compris dans ce
prix et reste à leur charge; il en est peu, d’ailleurs, qui
restent à la maison le dimanche et cette disposition est
pratique.
Lorsqu’ils ont passé une première année, se condui
sant bien, la deuxième année, on leur fait remise de
1/2 mark par semaine, et ils ne paient plus que 2 marks
(2 fr. 50) pour leur entretien. Leur salaire est de 15 marks
(18 fr. 75) par semaine; l’entretien total leur coûte 2
marks 50 auxquels il faut ajouter les dépenses du di
manche et les extras qu’ils s’accordent en semaine Ils
font donc de notables économies, et tout en vivant avec
un confortable dont ils n’avaient aucune idée dans leur
village, ils envoient de l’argent à leurs familles, et reti
rent de la Caisse d’épargne, au moment de quitter l’u
sine, pour faire leur service militaire, une somme géné
ralement assez rondelette. Aussi, les partants sont-ils
remplacés avec facilité.