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1898 6.963.711 128.096.149
1899 6.940.210 128.418.920
1900 6.864.070 114.710.880
1901 6.793.783 109.573.810
1902 6.563.711 115.530.692
1903 6.536.347 128.836.915
D’après les données du Ministère de l’Agriculture, la consommation
du froment, aussi bien pour les besoins de la population que
pour les besoins de l’ensemencement et de l’industrie, a été de 269
litres par tête d’habitant de 1882 à 1891, et de 289 litres par tète
d’habitant de 1892 à 1900.
Le pays a besoin d’environ 78.000.000 de quintaux pour la consommation
proprement dite. La quantité de froment nécessaire à la
semence est de 2 hectol. 07 par hect., et celle qui est affectée aux
besoins de l’industrie (pâtes alimentaires, etc.), peut être évaluée à
4 ou 5 0/0 de la production. On voit que ces besoins sont presque
entièrement satisfaits par la production intérieure et qu’il ne reste
qu’une place restreinte à l’importation. En outre, comme on l’a vu
dans les tableaux statistiques précédents, cette importation est dans
une très large proportion couverte par les envois de l’Algérie et
de la Tunisie, lesquels sont exempts du paiement des droits de
douane.
Dans sa totalité, la France satisfait donc presque entièrement à ses
besoins par sa propre production. Mais la situation est autre si l’on
ne considère pas le pays en entier mais bien des régions particulières.
On pourrait partager la France, à cet égard, en deux régions
bien distinctes : d’une part, au nord d’une ligne allant à peu près
du département de la Vendée à celui de l’Aisne se trouve une région
produisant généralement plus que sa consommation ; d’autre part,
au sud de cette ligne, une contrée déficitaire où le petit nombre des
départements producteurs dans les vallées de la Charente, de la
Garonne et du Rhône, ne peuvent satisfaire à tous les besoins des
départements pyrénéens, du massif des Alpes et du Flateau Central
cl'des régions de la Gironde et du littoral méditerranéen.
Deux moyens se présentent pour parer à ce déséquilibre : soit
importer de l’étranger les quantités de froment dont les pays déficitaires
ont besoin et exporter des régions surproductrices leur tropplein
sur les marchés étrangers, soit déverser ce trop-plein des régions
surproductrices vers les régions improductrices. Le premier
moyen a été pendant longtemps facilité par certaines particularités
du régime français de l’admission temporaire du blé.