l’efforï nécessaire.
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gnait à juste titre. L’établissement d’un tarif uniiorme, entre
le minimum et le maximum duquel les ports pourront se
mouvoir, est une excellente mesure qui serait heureusement
complétée, comme l’idée en a été émise par M. Girant, par
l’établissement d’une échelle décroissante, variant suivant
l’éloignement du point de départ des navires et le nombre
de voyages elfectués au même port dans le courant de
l’année.
En un mot, l’effort du législateur doit se porter vers ce
but : libérer Varmement français du lourd fardeau des
charges qui lui sont imposées, soit par le fait de monopoles
injustifiés, soit en raison de taxes arbitraires.
M. Flornoy, dont je citais précédemment la déposition à
la sous-commission d’enquête, a communiqué à celle-ci le
relevé des frais de port, pilotages, etc., payés à Bordeaux
pour voyages effectués de Pasages (Espagne) à Bordeaux, du
g/io septembre au i/3 octobre 1896, par son petit steamer
Ernestine. En 28 jours, ils se sont élevés à 3,848 fr. 38 c. ;
pour le mois, ils auraient été de 4,810 fr.; pour l’année de
57,720 fr. Or, y Ernestine valait i5o,ooo fr.! Au bout de
trois semaines, M. Flornoy dut renoncer à continuer la
ligne régulière qu’il avait entrepris d’établir entre Pasages
et Bordeaux. Nulle industrie ne pourrait supporter, pour un
matériel d’aussi mince importance, de tels frais, auxquels
viennent s’ajouter les charges d’exploitation, d’équipage, les
assurances, intérêts, etc. Le cas de M. Flornoy n’est pas
isolé ; beaucoup d’autres armateurs, après de vaines tenta
tives d’établissement de lignes régulières, ont dû, écrasés
par les frais de toute nature qui leur incombaient, aban
donner ces lignes aux mains des Allemands et des Anglais,
qui s’y sont installés en maîtres et y dominent actuellement.