ARMATEURS ET CONSTRUCTEURS.
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PROBL. MAU. MAUCH.
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<riino prime aux navires de construction étrançjère lui por
terait à elle-nienie le plus sérieux préjudice eu même temps
qu’elle sonnerait le glas des chantiers maritimes français.
La métallurgie sait (pielle impiiétude légitime une telle
affirmation peut jeter dans le Parlement et l’opinion. Le
pays s’est saigné aux quatre veines pour constituer une
armée et une flotte puissantes ; de même que nos soldats
ont besoin de réserves, de dépôts, de magasins d’approvi
sionnements, — de même à l’heure des combats suprêmes
qne le destin peut lui réserver, la flotte a besoin de chan
tiers pouvant mettre à sa disposition les bassins de radoub,
le matériel, les ouvriers s])écialistes, les mécaniciens, les
lôliers, etc., sans lesquels les moindres avaries la condam
neraient à l’immobilité. Pas un Français ne pourrait être
indifférent à la disparition d’une des forces vives les plus
nécessaires à la nation.
Mais pourtant si les craintes des constrneteurs sont exa
gérées ; si la compensation d’armement — appliquée dans
f'erlaines limites — ne doit j)as nécessairement produire les
elïets ruineux cpi’on lui attribue; si, la loi étant votée —
sous réserve de quelques modifications — les chantiers fran-
Çiïis sont certains d’y trouver un nouvel élément de force et
fie vitalité, au lieu d’une cause de décadence et de mort,
que devient l’argument patriotique invoqué par la cons-
L'uction ? Ne dissimulerait-il pas d’aventure des calculs
d’égoïsme?... Et en ce cas, comment s’y arrêter désormais
devant la nécessité — incontestablement nationale, celle-là
' fie refaire à la France une marine commerciale, d’arra-
eher à l’étranger, (pii le détient, le monopole de nos trans-
ports maritimes, de préserver en un mot notre pays de
1 écrasement par la concurrence anglaise, allemande, amé
ricaine ?
J’ai pensé ipi’il était possible de trouver, sinon la solution