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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Mais tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ; il
faut prévoir le mouient où l’clevaqe, par le budget, de ces
nourrissons avides cessera d’ôire l'ructueux — et où la voile
devra s’eHacer devant la vapeur. Les Chantiers Nantais se
préparent à l’inévitable transibrinatioii qu’ils pressentent ;
ils construiront demain des cargo-boats connue ils lancent
aujourd’hui des voiliers. C’est dans ce but qu’ils ont acquis
récemment sur la rive gauche de la Loire, en l'ace de leurs
cales, six hectares de terrain où ils projettent d’établir, aver
ie concours de l’établissement de constructions mécaniques
Comierais, de vastes ateliers de machines marines.
Le steamer, lancé des chantiers de Chantenay, aura tout
juste la Loire à traverser pour embarquer ses appareils mo
teurs. M. Tuauden m’a montré les éludes de deux types de
cargos qu’il a préjiarées, pour les mettre à exécution dès
que la loi nouvelle sera volée ; l’un aurait 5,ooo, l’autre
8,578 tonnes de port en lourd. Une salle de gabarits, spé
ciale aux steamers, est en voie d’achèvement. En peu de
temps, les Chantiers Nantais, pourvus de leur nouvelle
organisation, pourront arriver à mettre à îlot douze grands
steamers par an — si la loi néfaste qui dévalise les finances
de l’État au profit des voiliers fait place à une loi favorable
à la navigation à vapeur.
A coté des Chantiers Nantais, de la Brosse et Fouché, de
la Loire, d’autres établissements, comme les chantiers Dubi
geon, renommés pour l’excellente qualité de leur fabrication,
et comme ceux de la Basse-Loire, etc., peuvent parfaitement
produire des steamers.
Le personnel ouvrier occupé à Nantes (') dans les chan
tiers de constructions navales comprend :
(i) Je dois ce renseignemcnl à M. Blanchard, secrétaire de la Bourse du travail, qui
a bien voulu me le fournir sur l’obligeante recommandation de M. Brunellière, l’arma
teur bien connu de Nantes.