l8o LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Les commandes ne leur firent jamais défaut ; l’ancien di
recteur, M. Laporte, reconnaissait le 2 juillet 1897 devant
la sous-commission d’enquête qu’en moins de trois années
d’existence, les Chantiers de Normandie avaient livré pour
leur part au commerce :
8 trois-mâts de 2,55o tonneaux de portée;
I quatre-mâts de 4,000 tonneaux de portée ;
1 quatre-mâts pétrolier de 4,800 tonneaux de portée ;
2 quatre-mâts de 3,0oo tonneaux de portée;
soit, au total, 12 voiliers représentant 28,820 tonneaux de jauge et
35,200 tonneaux de portée ;
Plus I chalutier à vapeur de 260 chevaux et 108 tonneaux de jauge
et 2 porteurs-dragueurs de 260 chevaux.
Les directeurs ont vainement essayé d’arrêter la débâcle
de l’établissement en joignant à la construction des voiliers
celle des steamers. L’iip des derniers lancements exécutés
par les Chantiers de Normandie est celui du grand cargo-
boat à vapeur Charles-Tiberghieii, d’une jauge nette de
2,760 tonnes. Son appareil moteur, à triple expansion, pos
sède une puissance de i,5oo chevaux, pour une vitesse de
12 nœuds environ. Destiné à faire le transport du bétail vi
vant, il peut recevoir environ 3oo bœufs logés sous le pont
abri. Le navire comporte un double fond pouvant contenir
un water-ballast de 760 tonnes. Il est éclairé entièrement à
l’électricité.
Ce cargo, lancé le 3o avril 1900, a été construit en un an ;
il a coûté à l’armateur i,43o,ooo fr.
et les chantiers ont touché en sus comme
prime de construction 3o2,ooo
Au total 1,732,000 fr.
Le steamer la Loire qui est encore sur cale et qui
(i) Ce navire est destiné surtout au transport des forçats dans les différents péni
tenciers des colonies ; ses aménagements lui permettront en même temps de prendre
des passagers civils.