LES CHANTIERS FRANÇAIS. 187
anglais attaque lui-méme la besogne, prend ses dispositions,
organise son équipe, empêche qu’on emploie ses manœuvres
à d’autres travaux et parvient ainsi à réaliser et à dépasser
la production annoncée.
En somme, une meilleure division du travail lui avait
permis, avec un effort peut-être moindre que celui fourni
par ses camarades français, d’arriver à un résultat bien su
périeur.
M. Coville estime que notre outillage est aussi bon que
celui des chantiers anglais ; il est parfois même meilleur en
ce sens qu’il y a moins de déperdition de matières premières
qu’en Anqlet erre, où les dépenses de charbon et d’acier im
portent peu, en raison de leur bas prix.
A ce point de vue, les chantiers de Graville sont un mo
dèle d’ordre. Tout y est à sa place, rangé avec soin et bien
tenu.
L’établissement compte douze cales de construction, pro
tégées contre la mer par une estacade maçonnée, garnie de
pieux battus.
Ces cales comportent toutes un double plan de glisse
ment ; la pente employée varie de o™,o6o par mètre pour
les grands navires, à o"',70 pour les moyens et à o“,8o pour
les torpilleurs. Cinq cales permettent de construire des na
vires lourds et atteignant des longueurs de 120 à i4o mètres.
Quatre cales, affectées aux contre-torpilleurs et aux navires
de 70 mètres de longueur environ, sont abritées par des
halles en fer, couvertes en tôle ondulée et vitrées, qui per
mettent aux ouvriers de travailler par tous les temps.
L’installation des cales, pour être bonne, n’est pourtant
pas parfaite ; je vois, au-dessus d’un torpilleur dont on met
en place la machinerie, trois palans rudimentaires qui né
cessitent pour leur manœuvre un personnel assez nombreux.
Un treuil électrique ou un pont roulant feraient beaucoup