LA PUISSANCE MARITIME DE l’ANGLETERRE. 2 I I
« L’ellbrt que peut produire la marine de commerce dans
l’espace de quatre à six semaines peut être évalué à environ
25 navires à vapeur (de 3,ooo tonneaux environ de jauge
brute) mis à la disposition de l’État.
« 11 faut tenir compte, en effet, de ce fait que les armateurs
et compagnies de navigation doivent tout d’abord assurer les
services postaux dont ils sont soumissionnaires et leurs ser
vices libres, mais réguliers, de passagers et de marcliaiidises.
« Or, le département de la marine a eu besoin, pour l’en
voi en Chine du corps expéditionnaire, de 28 navires. L’un
d’eux, le S inaï, n’a pas été affrété ; il a transporté des
troupes dans un voyage régulier, mais la marine a dû affré
ter 22 vapeurs, et cela dans un laps de temps très court, un
mois et demi environ.
(( Mais, en meme temps que le département de la marine,
le ministère des colonies affrétait 11 navires pour effectuer
des envois urgents au Tonkin. L’État a ainsi affrété, en tota
lité, 34 navires en moins de six semaines, et ce nombre dé
passait de lieaucoup la disponibilité normale.
« A un moment donné, le département de la marine, ne
recevant plus d’offres, a été obligé de peser sur les compa
gnies pour avoir des navires. Les Messageries maritimes et
les Transports maritimes ont alors consenti à donner cha
cun un vapeur, le Pei-Ho et la Bithijnie ; mais, pour faire
cette offre, elles ont dû remplacer ces navires par d’autres
qui n’auraient pu être utilisés par la marine et qu’elles oui
affrétés afin d’assurer leurs services.
« Le Département a même dû a tiré ter en dernier lieu,
faute de navires français disponibles, un transatlantique
portugais, qui a été francisé pour la circonstance sous le
nom de Marseille, et dont l’affrètement s’est élevé au chiffre
énorme de 717,600 fr., pour 1,215 tonneaux de jauge nette. »
Vingt-cinq navires et soixante-quinze mille tonnes, telle