LA PUISSANCE MARITIME DE l’aNGLETERRE. 2i3
Est-cc à (lire (juc rarineniciit anglais envisage avec un
optimisme absolu l’avenir? Non, car il traverse, en Amjle-
terre môme, une période de difiicnltés. A ¡’abaissement du
fret gui, en ces derniers temps, a pris des proportions sé
rieuses , vient tout d’abord se joindre l’appréhension du
mampie de marins.
Dans un discours (ju’il jirononçait au commencement de
i8()9, le comte Grey, président de l’Association des Arma
teurs des steamers du Nord de l’Angleterre, jetait à ce sujet
un cri d’alarme. Il avouait son inquiétude devoir le nombre
des marins étrangers devenir de ¡dus en plus considérable
sur les navires battant pavillon britannique et par contre le
nombre de marins anglais diminuer dans des proportions
inquiétantes :
« Si cela continue encore quelques années, disait-il, les
capitaux et les navires seuls seront anglais. Depuis i8g3
jusqu’à 1898, le nombre des marins anglais a décru réguliè
rement de 2,000 à 3,000 chaque année ; il est tombé de
186,628 en 1893 à 174,980 en 1898, ce qui représente une
diminution de 6.2 ¡). 100 ; tandis que le chilïre des matelots
étrangers est passé de 29,549 en 1893, à plus de 35,000 en
1898, augmentant ainsi de plus d’un millier par an. »
Mais le fait le plus alarmant, d’après l’orateur, était de
voir diminuer d’une manière (( effrayante » le nombre des
jeunes gens se préparant à la vie maritime. En 1898, le
chiffre des mousses (jipprentices) enrôlés n’est plus que du
tiers des chiffres de 1870 et de la moitié de ceux de 1880.
En 1872, il était de 4,36o et en 1897 idest plus que de
i,5i8. « Si l’on ne fait pas tout pour arrêter cette déca
dence, disait le comte Grey, d’ici peu il n’y aura plus de
jeunes marins anglais. »
Depuis le jour où le comte Grey donnait cours à scs inquié
tudes, la situation n’a fait qu’empirer. Les abus nombreux